L'analyse de Bernard Aybran

La fin, les moyens et réciproquement

Option Finance - 13 mars 2017 - Bernard Aybran, Invesco Asset Management

Il y a soixante ans, l’indice Standard & Poor’s 500 était créé pour synthétiser les mouvements des actions cotées aux Etats-Unis. Or, aujourd’hui, les indices deviennent des outils d’investissement à part entière. Ce qui devait être un instrument de mesure s’est mué en tout autre chose.

Les gestions passives, à savoir les ETF ou fonds indiciels classiques, connaissent en effet un développement constant car elles représentent 40 % des gestions en actions américaines et plus de 20 % des gestions obligataires américaines.

En termes de flux sur les actions, un mouvement se dessine depuis des années maintenant, puisque les gestions actives subissent de la décollecte au profit des gestions indicielles. Sur les sept premières semaines de 2017, les ETF actions cotés partout dans le monde ont collecté 78 milliards de dollars (3,5 % de leur encours) tandis que les fonds actions non ETF subissaient des rachats de 18 milliards de dollars (0,3 % de leur encours).

Ce mouvement pose de nombreuses questions, et pas uniquement pour les sociétés de gestion qui connaissent des pressions significatives sur leurs marges. Les investisseurs eux aussi peuvent s’interroger : jusqu’où le poids des gestions indicielles peut-il progresser ?

C’est la loi de Goodhart : quand une mesure devient un objectif, elle cesse de constituer une bonne mesure. Et accessoirement, plus les capitaux iront s’investir massivement sur un petit nombre de titres, les plus grosses capitalisations, plus des inefficiences pourront être exploitées par les investisseurs. Bonne nouvelle !