L'analyse de Bernard Aybran

La meilleure défense, c’est… l’attaque ?

Option Finance - 22 octobre 2018 - Bernard Aybran, Invesco

La météo et la succession des saisons constituent une source inépuisable de conversations. A l’image des agriculteurs, les investisseurs en ont même fait une série de proverbes et dictons, dont le plus célèbre recommande de «vendre en mai et s’en aller» : le début d’année est réputé connaître des marchés porteurs tandis que l’été, et surtout le très redouté mois de septembre, serait propice aux déconvenues. Et en 2018, l’adage s’est-il vérifié ? Disons que ce n’est pas si simple.

Par exemple, vendre les actions européennes fin mai aurait été bienvenu puisque l’EuroStoxx a effacé durant les mois de juin à août le peu de performance accumulée de janvier à mai. Oui, mais appliquer la même logique à un portefeuille d’actions mondiales aurait conduit à abandonner la moitié de la performance des huit premiers mois de l’année. Car voilà bien le problème : d’une part, la «saisonnalité» ne se manifeste pas tous les ans, et, d’autre part, elle agit différemment selon les régions. Si la littérature académique abonde sur le marché américain, elle devient moins abondante dans d’autres régions, comme la nôtre, ou sur des portefeuilles internationalement diversifiés. Au beau milieu du (parfois) terrible mois de septembre, et à l’approche du (presque) traditionnel rallye de fin d’année, l’investisseur ne peut donc pas se fier à quelque algorithme d’investissement. Il est obligé de réfléchir et de construire, patiemment, un raisonnement. Il n’y a pas de saison pour penser.