L'analyse de Bernard Aybran

Paroles, paroles, paroles…

30 janvier 2017 - Bernard Aybran,

Le tube des années 1970 résume l’attitude des investisseurs vis-à-vis des actions européennes : elles sont recommandées par les stratégistes, mais, dans les faits, en termes brutalement monétaires, elles continuent de constituer un repoussoir puissant : les fonds d’actions européennes ont été massivement vendus en 2016 et les rachats ont dépassé, selon Deutsche Bank, 9 % de leurs encours. Et il ne s’agit pas là uniquement d’épargnants déçus par les gérants de fonds puisque les ETF d’actions européennes ont eux aussi subi une décollecte. C’est bien la classe d’actif elle-même qui effraie, ou fatigue.

La fatigue peut en effet résulter d’une performance moyenne annuelle entre 2006 et 2016 de 3,2 % en termes nominaux pour le MSCI Europe, soit un rendement réel plutôt maigre. Une certaine frayeur peut accompagner cette fatigue, au vu des trous d’air qui ont émaillé leur parcours. Par exemple, du printemps 2015 au mois de février 2016, les actions européennes ont perdu près du quart de leur valeur. Et sur les premières semaines de janvier 2015, elles ont connu une baisse voisine de 17 %.

Mais tout ça est du passé et les analystes annoncent un avenir brillant, à commencer par des bénéfices qui devraient progresser d’une douzaine de pourcents sur l’année 2017. Couplée à un dividende stable et élevé, supérieur à 3 %, cette croissance des bénéfices pourrait justifier des performances à deux chiffres. Ces éléments fondamentaux pourraient soutenir les marchés européens cette année. Si les investisseurs se décident à passer des paroles aux actes.