L'analyse de Hans-Helmut Kotz

Levons les barrières !

Option Finance - 17 février 2014 - Hans-Helmut Kotz

Un spectre hante les Européens : celui de la peur de l’autre. Avec un PIB par habitant proche de 50 000 dollars, soit 7 % plus élevé que celui des Etats-Unis, la Suisse, qui se classe ainsi au troisième rang mondial des pays les plus riches, vient d’illustrer, à une courte majorité lors du référendum sur l’immigration, ce sentiment de défiance. Celui-ci s’est exprimé aussi bien à l’égard de ses voisins souabes qu’alsaciens ou piémontais, qui font la navette, chaque jour et depuis longtemps, pour travailler dans ce pays. La dynamique économique de la Suisse vient pourtant pour une bonne part de son ouverture sur l’extérieur ainsi que de l’intégration de sa production dans les chaînes de création de valeur internationale. En Europe, le cas de la Suisse n’est pas vraiment exceptionnel. Les élections européennes risquent d’aboutir à un même rejet.

Au vu des vertus économiques manifestes qu’engendre l’intégration de nos économies européennes, un nouveau repli sur soi de l’Europe serait réellement problématique. Dans un continent re-fragmenté, les échanges de biens et services pourraient à leur tour être rendus plus difficiles. La productivité de nos entreprises en serait amoindrie, et par là même leur compétitivité. Les consommateurs seraient eux aussi perdants, en termes de gammes de choix, comme de prix. Sans compter que, dans l’Europe de Schengen, on jouit d’une liberté appréciable : celle de passer les frontières sans passeport. Ces faits sont avérés mais ils ont de plus en plus de mal à convaincre.

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