L'analyse de Jean-Paul Betbèze

Le dilemme sied à Janet (Yellen)

option finance - 20 juillet 2015 - Jean-Paul Betbèze

Janet Yellen, la patronne de la Banque centrale américaine, l’a clairement annoncé : elle va commencer à remonter ses taux cette année. Disons septembre. Cette annonce est, de sa part, un acte fort de forward guidance, afin d’orienter autant que possible les anticipations. Pour autant, si on lui demande d’expliquer en quoi sa décision est data dependent, autrement dit liée aux données économiques, ce pourrait lui être assez difficile, même si les chiffres obtenus sont quantitativement assez proches de ceux qu’elle recherche.

En effet, le double mandat de la Fed est d’atteindre le plein emploi avec une inflation core autour de 2 %. Le plein emploi, nous y sommes presque semble-t-il, avec un taux de chômage de 5,3 % de la population active en juin. Pour l’inflation, nous n’y sommes pas avec 0,4 % d’inflation totale sur un an en juin, mais presque avec le 1,7 % d’inflation core de juin. Alors : mission à moitié, aux trois quarts réussie, ou bien à poursuivre ? A poursuivre pour les deux objectifs, même si ce qui manque en pourcentage paraît bien faible. C’est en effet lourd de sens.

D’abord l’objectif de plein emploi n’est pas vraiment atteint. Le taux de chômage actuel accompagne en effet une population active en baisse, avec un taux de participation qui fléchit encore ces derniers mois à 62,6 %, contre 66 % avant crise. Ce qui se passe, c’est que de nombreux salariés ont quitté le marché du travail étant soit licenciés, soit incités à partir, soit «perdus» devant les nouvelles techniques. Pour retrouver le niveau antérieur de production potentielle, il faudrait continuer, selon certains travaux, à maintenir pendant plusieurs mois les taux d’intérêt à leur niveau actuel pour atteindre un taux de chômage de 4,4 %. Ce serait alors le «nouveau plein emploi», sans slack (poche de sous-emploi) ! Nous n’y sommes pas encore, mais si proches ! Donc il ne faudrait pas encore monter les taux !

Pour l’inflation, les choses se compliquent si le prix du pétrole baisse et surtout si le dollar se renforce. Or le...

La suite de cet article est réservée aux abonnés

Vous avez déjà un compte

Pour lire la suite de cet article, connectez-vous à votre compte

Mot de passe oublié

En cas de problème avec votre compte abonné, merci de contacter abonnement(at)optionfinance.fr

Pas encore abonné ?

Découvrez toutes nos offres d'abonnement et accédez à nos articles et dossiers en ligne.

S'abonner