L'analyse de Jean-Paul Betbèze

Vent mauvais sur les marchés de la dette

option finance - 19 octobre 2015 - Jean-Paul Betbèze

Janet Yellen n’a pas encore officiellement monté ses taux à court terme. Et pourtant, voilà que déjà les taux longs remontent, notamment pour des pays jugés «fragiles» ou des entreprises trouvées «endettées». Glencore ou Altice, Brésil ou Turquie : ce qui était applaudi, avec les firmes qui achetaient vite et beaucoup ou avec les pays en forte croissance, est en train de se retourner. Brutalement. Glencore passe de plus de 310 livres en avril à environ 90 aujourd’hui. Plus violent encore, Altice passe de 120 euros début août à 18 euros fin septembre.

D’abord, ce qui se passe sur les matières premières, pétrole notamment (qui passe de 100 à 45 dollars le baril en un an), en liaison avec la nouvelle croissance chinoise, change profondément la donne chez les pays émergents. Le temps n’est plus, en effet, de la croissance par an à 10 % du rattrapage chinois. Elle tirait alors les émergents dans son sillage. La Chine aspire désormais à une «nouvelle normalité», avec plus de croissance interne et moins d’exportations vers les Etats-Unis, exportations qui étaient payées en bons du Trésor. On peut la comprendre, mais ceci change profondément la donne pour tous.

Ensuite, pour les entreprises risquées qui s’étaient endettées à d’excellentes conditions il y a encore quelques mois, le temps se couvre. Les investisseurs, en quête de rendement, ont dû pendant des mois prendre plus de risques, pour moins cher : les spreads entre AA et high yield se sont alors fortement comprimés.

Désormais c’est fini : la remontée annoncée des taux américains, couplée avec la baisse des prix des matières premières, change la donne des deux côtés.

Côté américain, on sait que le maximum du cycle approche, un maximum inférieur à 3 % de croissance, ce qui est très peu après une telle période de facilité monétaire. Et il s’agit là des prévisions que vient de publier la Banque centrale américaine ! Côté émergents, il ne s’agit pas seulement de ralentissement, sinon pire (récession en Russie et au Brésil), il s’agit aussi de baisse des réserves de change. Le cas chinois est clair, avec une baisse de 400 milliards en quelques mois, celui de l’Arabie saoudite le sera. Officiellement, c’est 30 milliards de dollars en un an. Ceci est une autre source de montée des taux longs : il faudra bien savoir qui achète les bons du Trésor !

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