L'analyse d'Hervé Goulletquer

Brexit : quel message pour le marché après le rejet de l’accord ?

Option Finance - 21 janvier 2019 - Hervé Goulletquer, La Banque Postale Asset Management

Après le rejet par le Parlement britannique du projet gouvernemental, deux perspectives se dégagent pour les marchés : une conclusion pas très éloignée de ce à quoi ils aspirent, à savoir une économie britannique qui ne s’éloigne que de peu des structures économiques de l’Union européenne, mais en revanche une période d’incertitude plus longue.

Cet atterrissage peu ou prou aligné avec les attentes s’explique tout d’abord par le fait que les parlementaires se retrouvent à la manœuvre ; or, ceux-ci refusent dans leur majorité une sortie de l’UE sans accord. Le champ des possibles, par rapport au texte initial, se déplace vers une plus grande proximité du Royaume-Uni par rapport au Continent. Les options – à peu près équiprobables – sont les suivantes : la «copie originale» à peine amendée, la participation à l’union douanière ou un statut du type de celui de la Norvège. Notons aussi, avec une probabilité significativement plus faible, l’option d’un maintien dans l’UE. La sombre perspective d’une croissance économique écornée de quelque 1,5 point en 2019 et encore en 2020, telle que pronostiquée par le NIESR à l’automne dernier en cas de hard Brexit, s’éloignerait. Dans un tel contexte de croissance à peu près nulle, voire en recul, en cas de hard Brexit, la livre, les taux d’intérêt et le compartiment des actions domestiques auraient sans doute subi des pressions baissières.

Reste l’autre côté de la médaille : «boucler le dossier» pour le 29 mars paraît très ambitieux. La sortie, si tant est qu’elle ait lieu, devra être retardée. Les marchés devront savoir être patients, ce qui ne sera pas toujours facile. Attention donc aux «bouffées» de volatilité.