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Du dynamisme dans le contrôle de la courbe des taux

Option Finance - 23 avril 2021

Christine Lagarde l’a répété : la BCE ne fait pas de contrôle de la courbe des taux. Sa fonction de réaction répond à la nécessité de conserver les conditions financières favorables, c’est-à-dire à des niveaux soutenant l’activité. Cette approche est holistique et à multiples facettes. Comme l’aurait dit Alan Greenspan en son temps : si vous avez compris, c’est que la BCE vous a mal expliqué. Fort heureusement, Philip R. Lane, membre du directoire de la BCE, a donné des détails sur ces multiples facteurs, qui vont des indicateurs de marché aux indicateurs des crédits bancaires. Le premier outil pour répondre à un resserrement des conditions d’octroi des crédits est le TLTRO. La BCE s’attache aussi à influencer des taux de marché ayant un impact sur les taux bancaires. Grâce aux discours de certains membres de la BCE, nous savons quels taux regarder : les taux sans risque (en retenant les taux swap), ainsi que la courbe des taux des emprunts d’Etat pondérés par le PIB. La BCE ne donne pas de niveau de taux explicite. Le gérant obligataire doit s’en remettre aux points de référence donnés par les membres de la BCE durant leurs interventions : en 2020, certains comparaient la courbe des taux des emprunts d’Etat la plus récente avec celle de mi-février 2020, avant la pandémie. Cependant, en 2021, l’économiste en chef de la BCE a placé la référence à fin 2019, c’est-à-dire à des taux 30 pb au-dessus du niveau de mi-février ! S’il n’y a pas de contrôle de la courbe des taux au sens de la Banque du Japon, la BCE donne l’impression de rechercher un contrôle dynamique de la courbe des taux avec une cible mouvante. La conséquence pourrait être une lente dérive haussière des taux au rythme des révisions de prévisions d’inflation de la BCE.