Le blog d'Arnaud-Guilhem Lamy

Le blog de Arnaud-Guilhem Lamy

Que reste-t-il aux investisseurs obligataires ?

Option Finance - 13 janvier 2020 - Arnaud-Guilhem Lamy, BNP Paribas Asset Management

Les investisseurs obligataires ont tendance à s’appuyer sur la macroéconomie et les politiques monétaires pour prendre leurs décisions. Pour la plupart, ils ont une sainte horreur des risques politiques et géopolitiques, qui leur apparaissent plus difficiles à prévoir. Les observateurs les plus taquins pourraient d’ailleurs souligner que certains stratégistes cachent parfois leurs erreurs derrière l’imprévisibilité de tels événements. En fin d’année dernière, 2020 s’annonçait sous les meilleurs auspices : les Etats-Unis et la Chine avaient trouvé un premier accord commercial, et les élections britanniques avaient donné une majorité claire aux conservateurs. Enfin, les facteurs économiques et monétaires allaient reprendre le dessus ! Cependant, l’année 2020 n’avait pas encore deux jours que les tensions explosaient au Moyen-Orient. Les risques politiques flamberont bientôt de plus belle avec, aux Etats-Unis, les primaires démocrates puis l’élection présidentielle de novembre et, en Europe, les prochaines étapes du Brexit. De plus, puisque la politique monétaire semble faire l’objet d’un consensus au sein des investisseurs et des banquiers centraux (le statu quo bienveillant), les opportunités d’investissements sont aussi plus limitées. Dans un tel contexte, comment mettre en place des stratégies obligataires alors que des impondérables peuvent avoir un impact majeur sur les valorisations ? Dans l’immédiat, il paraît naturel de profiter du faible prix de la volatilité et de mettre en place des stratégies optionnelles. A plus long terme, il ne reste plus qu’à réviser la formule de Black-Scholes et à tenter de l’améliorer puisqu’elle sous-estime la probabilité d’occurrence des événements extrêmes.