Le blog d'Arnaud-Guilhem Lamy

Quelle politique restrictive pour les banques centrales ?

Option Finance - 12 novembre 2018 - Arnaud-Guilhem Lamy, BNP Paribas Asset Management (BNPP AM)

Après des années d’augmentation du bilan des banques centrales via des achats massifs d’obligations publiques ou privées, on peut constater leur impact sur le marché, avec une augmentation moyenne des prix des actifs financiers. Les actions ont eu des performances largement positives : le CAC 40 a augmenté de plus de 125 % entre le début 2009 et la fin octobre 2018, tandis qu’aux Etats-Unis le S&P 500 progressait de plus de 270 %. Sur ce même intervalle, les obligations européennes ont aussi apporté des gains non négligeables : 48 % pour l’indice Bloomberg Barclays Euroagg des obligations européennes et 37 % pour celui des obligations américaines, le Bloomberg Barclays US aggregate.

Cette période d’argent non pas facile mais largement distribué par les banques centrales est terminée. La stabilisation de ces bilans va tourner dès 2019 à une baisse globale (baisse du bilan de la Fed, stabilisation pour la BCE et faible augmentation au Japon). S’il y a peu de doutes sur la poursuite des politiques monétaires annoncées pour 2019, à savoir l’arrêt progressif du programme d’assouplissement quantitatif avant de normaliser, tout aussi graduellement, les taux d’intérêt, une menace supplémentaire pèsera fortement en 2020-2021 du fait des remboursements d’opérations de refinancement ciblées à très long terme (TLTRO) pour 750 milliards d’euros. La BCE ne pourra pas laisser planer ce risque trop longtemps. Elle devrait annoncer durant le premier semestre 2019 le prolongement de cet outil, à des conditions différentes, et privilégier, pour assurer le resserrement monétaire, une réduction de la détention d’obligations légèrement plus accélérée en 2020.