Le blog d'Arnaud-Guilhem Lamy

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L’épidémie frappe aussi les marchés

3 avril 2020

En mars, les annonces successives de confinement ont effrayé les investisseurs. Plus aucun actif ne trouvait grâce à leurs yeux : les prix des actions, des obligations, de l’or ont baissé concomitamment. L’heure était à la vente, peu importe le prix. Même les obligations d’Etat ont connu une forte détérioration de leur liquidité. Cette situation a poussé la BCE à agir en dégainant le PEPP, le Pandemic Emergency Purchase Program, soit 750 milliards d’euros d’achats supplémentaires. Cette annonce a eu un premier impact sur les spreads, important mais éphémère. Puis le début de son implémentation a permis de réduire la volatilité des marchés obligataires, en rassurant les investisseurs qui savent qu’ils pourront sortir plus tard dans l’année. Il faudra cependant du doigté à la BCE pour éviter toute hémorragie supplémentaire, sans parler d’un retour à la normale. Le but du PEPP est d’éviter une remontée des taux due à la réponse budgétaire massive apportée par les Etats (plusieurs centaines de milliards d’euros de mesures) pour faire face à cette récession (aux alentours de 0,7 % du PIB par semaine de confinement). Les déficits (supérieurs à 5 %) induits par ces mesures pourraient mettre à mal la confiance des investisseurs (ou des agences de notation) dans la soutenabilité de la dette de certains pays. Une solidarité européenne renforcée est nécessaire. De cette calamité pourrait naître l’espoir d’une union nouvelle : la Commission européenne vient d’annoncer un programme d’aides pour les Etats ayant fortement subi la crise du coronavirus. Le diable est dans les détails, et les modalités exactes seront cruciales pour en évaluer l’impact.