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Une épargne enfin à même de relancer la consommation ?

Option Finance - 22 janvier 2021

Pendant longtemps, les économistes ont pensé que l’épargne d’aujourd’hui était la consommation de demain. Cependant, après la crise de 2007, si le taux d’épargne a fortement augmenté, il n’est jamais vraiment retombé. Dans les pays développés, les ménages ont conservé une forte épargne de précaution face à différentes craintes (chômage, retraite) et, dans les pays émergents, l’essor de la classe moyenne a changé la répartition consommation/investissement. Cette thésaurisation n’a été compensée ni par l’investissement public ni par l’investissement privé et a donc permis une baisse des taux d’intérêt nominaux et réels. Cette baisse des taux aurait dû pousser les agents économiques à consommer et à investir. Mais elle est devenue contre-productive : en France et en Allemagne, lorsque les taux à 10 ans sont devenus inférieurs à 1 %, les ménages ont accru leur effort d’épargne pour être sûr d’obtenir leur objectif de capital. Ce phénomène est d’autant plus prégnant avec la crise du coronavirus que les taux d’épargne ont atteint des niveaux records : non seulement par l’épargne de précaution, mais surtout par l’effondrement de la consommation suite aux restrictions de déplacement et aux fermetures de commerces. Aujourd’hui, les Etats ont décidé d’utiliser cette manne associée à des taux bas (inférieurs à la croissance potentielle !) pour amortir au maximum l’impact de cette crise en empruntant massivement. Une question cruciale pour la sortie de la crise demeure : cette épargne « forcée » va-t-elle se transformer en consommation, alimentant la croissance ainsi que l’inflation des biens et des services et mettant la pression à la hausse sur les taux ; ou va-t-elle rester une épargne de précaution qui contribuera à la poursuite de l’inflation des prix des actifs financiers et immobiliers ?