Le blog de Didier Borowski

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Il ne faut pas sous-estimer la politique budgétaire

Option Finance - 13 mars 2020

De localisée et temporaire, la crise épidémique est devenue globale et s’installe dans la durée. Le choc d’offre initial donne lieu à un choc de demande dont l‘ampleur s’accroît de jour en jour avec les mesures de prévention historiques mises en place. Le risque est désormais de voir l’économie mondiale plonger dans une récession aussi sévère qu’en 2008-2009. La peur contamine les esprits encore plus vite encore que le virus.

Les autorités européennes ont pleinement pris conscience de la gravité de la situation, comme l’attestent les conclusions du Conseil européen spécial du 10 mars et les mesures annoncées par la BCE le 12 mars. En un mot, les gouvernements s’engagent fermement à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que le choc économique de court terme (inévitable) ne vienne amoindrir le potentiel de croissance de moyen terme des économies. Dans des circonstances exceptionnelles, le pacte de stabilité et de croissance prévoit de s’affranchir temporairement des règles budgétaires. Il n’y a donc en pratique pas de limites à ce que l’Etat peut faire à court terme.

C’est d’autant plus vrai que la BCE n’hésitera pas à mobiliser pleinement tous les outils à sa disposition. L’expansion de son bilan n’a pas de limites quand il s’agit de maintenir la stabilité financière. Il lui faudra tout faire pour éviter qu’une éventuelle crise de liquidité ne se transforme en crise de solvabilité. Si les Etats agissent comme ils le doivent (la balle est dans leur camp), la BCE leur garantira un financement à moindre coût, ce qui permettrait en définitive aux économies de passer cette tempête en limitant les pertes. Sous réserve que l’épidémie soit jugulée d’ici quelques mois, le policy-mix deviendrait alors clairement «expansionniste».