Le blog de Didier Borowski

Janet Yellen se dévoile. Une bonne nouvelle ? Oui, pour l’euro…

Option Finance - 24 mars 2014 - Didier Borowski, Amundi

La Fed vient d’abandonner sa cible numérique sur le taux de chômage. Pas étonnant, car ce dernier mesure mal l’excès d’offre sur le marché du travail. Le taux de participation, le chômage de longue durée ou encore le temps partiel subi en disent plus long. L’économie américaine retrouve à peine le niveau d’emploi privé du début de la grande récession, il y a six ans ; une reprise aussi lente ne s’est jamais vue dans les cycles d’après-guerre, de quoi inciter à la plus grande prudence.

En diminuant ses achats de titres au rythme de 10 milliards de dollars à chaque réunion du FOMC, la Fed en finirait avec le QE 3 en octobre ; c’est ce scénario qui est aujourd’hui privilégié. Mais l’incertitude règne en ce qui concerne les taux directeurs. Une petite phrase de Janet Yellen ne passe pas inaperçue. La Fed pourrait envisager de commencer à les remonter six mois seulement après la fin du tapering, ce qui ouvre la porte à un début de resserrement monétaire à partir d’avril 2015, sous réserve naturellement que la croissance reste au rendez-vous. Du côté de la BCE, une chose est sûre : rien de tel ne s’annonce à cet horizon.

Quelle conséquence pour les marchés ? Historiquement, le taux à deux ans commence à remonter dix mois avant la première hausse du taux des fed funds. Dans la foulée de l’annonce, le taux à deux ans américain bondissait à 0,4 % ; sur ce faible niveau, le potentiel de remontée est élevé. Or, avant les QE, l’écart de taux courts entre les Etats-Unis et la zone euro (cœur) était bien corrélé avec la parité euro/dollar.

Des taux américains qui remontent et entraînent le dollar à la hausse ? Il est encore trop tôt pour miser sur ce scénario. Mais voilà qui attesterait de la confiance des marchés dans la reprise outre-Atlantique ! Pas de raison d’inquiéter les actions et une bonne nouvelle pour l’euro…