Le blog de Didier Borowski

La dette, la bulle… la crise ?

Option Finance - 17 juillet 2017 - Didier Borowski, Amundi

Selon la BRI, la dette totale (Etats, ménages et entreprises non financières) du G7 s’est accrue en trente ans de 100 points (à 265 % du PIB fin 2016), la moitié de cette hausse s’étant produite depuis 2007. En Chine, la dette des entreprises s’envole. Aux Etats-Unis, dans la zone euro, au Royaume-Uni et en Chine, la dette totale est désormais de l’ordre de 250 % du PIB. Compte tenu de l’affaiblissement de la croissance potentielle nominale, cette dette n’est soutenable que grâce à des taux d’intérêt excessivement faibles.

Or, les taux faibles n’ont pas que des effets favorables. Les politiques de QE ont certes permis de casser la spirale d’une déflation de bilan généralisée en reflatant des actifs décotés. Mais à force, de nombreux actifs sont devenus excessivement chers, au point que certains évoquent l’existence simultanée d’une bulle obligataire et d’une bulle sur les actions aux Etats-Unis.
Qui dit bulle dit crise, tôt ou tard. Dix ans après le déclenchement de la crise des subprimes, la question de la prochaine crise est sur toutes les lèvres.

Consubstantielles au capitalisme, les crises financières ne sont jamais bien prévues et ne se répètent jamais à l’identique. La vraie question est donc celle de la nature de la prochaine. Compte tenu de l’amélioration des fonds propres des banques (et de l’abondance de liquidités), la menace est davantage celle d’une «petite crise» que d’une crise systémique comme en 2008. Il faut veiller au grain, certes. Mais comme le disait Marguerite Yourcenar, «c’est avoir tort que d’avoir raison trop tôt».