Le blog de Didier Borowski

Pas de bouleversement en vue à la Fed

Option Finance - 6 novembre 2017 - Didier Borowski, Amundi

Jerome Powell succédera à Janet Yellen en‎ février 2018. Il était le candidat de la continuité avec l’ère Bernanke/Yellen. Arrivé à la Fed en 2012, Powell a toujours soutenu les décisions de politique monétaire prises depuis lors. Comme ses deux prédécesseurs, il pense que le taux d’intérêt d’équilibre a chuté et que l’inflation ne menace pas à court terme.

En revanche, à l’inverse d’eux ou de John Taylor (candidat malheureux), Powell n’est pas économiste de formation. Contrairement à ce dernier, il n’est guère favorable à des règles figées de politique monétaire. Ces deux caractéristiques ont joué en sa faveur. Sa réputation de pragmatisme et son expérience dans la banque ont probablement achevé de convaincre Donald Trump qu’il était l’homme de la situation.

A l’heure où la réforme fiscale se précise peu à peu, la nomination d’un républicain modéré apparaît en outre comme un gage donné par Trump aux modérés de son camp dont il a besoin pour voter ses baisses d’impôts. Powell est mesuré en termes de réglementation financière, certes favorable à un assouplissement de cette dernière mais peu enclin au chamboulement.

Enfin, on retiendra que Powell accorde une place importante à l’évolution des conditions monétaires et financières (dollar, taux d’intérêt à long terme, spreads de crédit, marchés d’actions). Il en ressort que la «fonction de réaction» de la Fed va rester souple et l’action de la banque centrale opportuniste. Ainsi si une politique budgétaire expansionniste appelle un rééquilibrage du policy mix, avec moins d’accommodation monétaire, ce sera à petits pas. Car le risque d’une hausse du dollar et des taux longs nécessite de procéder avec prudence.