Le blog de Jean-François Boulier

40 ans après, le discret retour de l’inflation

Option Finance - 9 janvier 2017 - Jean-François Boulier, Institut de science financière et d’assurances (ISFA)

L’année 2016 aura marqué un tournant clair en matière de hausses de prix dans l’économie américaine. Le cycle économique est entré dans sa deuxième phase depuis plus d’un an et le premier relèvement des taux courts par la FED l’avait, peut-être un peu tardivement, officialisé. Le plein-emploi a généré depuis plusieurs trimestres une pression à la hausse de plus de 2,5 % sur les salaires. Le rebond de l’énergie a sans doute également contribué à la reprise, encore sage, de la croissance des prix.

Ailleurs dans le monde, les signes d’inflation sont inexistants ou très ténus. Au Japon, en zone euro et dans bien des pays développés, les mesures antidéflationnistes dominent et les objectifs autour de 2 % annuels paraissent encore hors d’atteinte. Les pays émergents qui étaient en difficulté, notamment sous l’effet des prix déprimés du pétrole, se redressent et le cycle mondial pourrait trouver un nouvel élan grâce aux plans Trump et à la nouvelle orthodoxie en faveur des politiques de relance.

Les marchés n’ont pas tardé à commencer à ajuster les niveaux de taux longs. De 0,5 % aux USA à 0,7 % en zone euro la remontée des taux à dix ans est sensible. Les inflations implicites des titres obligataires indexés sur l’inflation montrent aussi une reprise nette des anticipations. Est-il trop tard pour ajuster les portefeuilles ? Les titres à taux variable, notamment indexés sur l’inflation sont excessivement chers. C’est donc vers les actifs réels, entreprises et immobilier que l’on trouvera, en prenant en compte les différences dans le cycle et les valorisations, une voie de sortie.