Le blog de Patrick Artus

4 % la prime de risque actions ; 250 points de base la prime de risque sur les obligations high yield

Option Finance - 15 juillet 2014 - Patrick Artus

L’abondance de la liquidité mondiale a d’abord conduit à l’écrasement des taux d’intérêt sans risque : pour les taux d’intérêt à 10 ans, 1,3 % à 1,4 % en Allemagne ; 1,7 % à 1,8 % en France ; 2,6 % à 2,7 % aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ; 0,6 % au Japon. Le faible niveau des taux d’intérêt sans risque a ensuite conduit les investisseurs, qui ont besoin de rendements plus élevés, à se reporter sur des actifs plus risqués. On a alors vu l’écrasement des primes de risque sur les dettes publiques périphériques de la zone euro, sur les dettes bancaires, sur les dettes des entreprises, sur les actions.

Mais il a subsisté une forte asymétrie entre les actions et les dettes : les primes de risque sur les actions, dans les différents pays, ont modérément reculé et restent aux alentours de 4 % ; les primes de risque sur les dettes obligataires des entreprises se sont effondrées ; pour les entreprises high yield, elles ne sont que de 250 points de base, alors que le taux de défaut moyen d’une obligation high yield est voisin de 5 % par an.

Pourquoi l’excès de liquidité a-t-il beaucoup moins fait monter les cours boursiers que les prix des obligations des entreprises ? Probablement parce que beaucoup d’investisseurs ne veulent pas ou ne peuvent pas augmenter la taille de leurs portefeuilles d’actions (pour des raisons réglementaires, de risque, etc.). S’ils vendent des dettes sans risque, ils achètent des dettes risquées et pas des actions.