Le blog de Patrick Artus

Dans quelles obligations investir ?

16 septembre 2013 - Patrick Artus - Natixis

Les investisseurs obligataires s’interrogent aujourd’hui sur le type d’obligations dans lequel ils peuvent raisonnablement investir. Concernant les dettes publiques des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la France, il ne semble pas que la valeur fondamentale de leurs taux d’intérêt à long terme soit supérieure à celle observée aujourd’hui. Mais les investisseurs peuvent craindre une surréaction des marchés financiers. Pour les taux d’intérêt à long terme des dettes périphériques de la zone euro, les investisseurs doivent craindre le retour d’une crise des dettes souveraines, l’endettement public continuant de monter dans certains pays.

De leur côté, les spreads sur les obligations d’entreprises investment grade se sont beaucoup resserrés aux Etats- Unis et dans la zone euro. Ceci est normal aux Etats-Unis, mais beaucoup moins dans la zone euro, où la croissance reste faible, et où les ratings se détériorent. Par contre, le crédit high yield dans la zone euro est intéressant, les émissions high yield devenant plus importantes (6 à 7 milliards d’euros par mois) et faisant apparaître de nouveaux émetteurs. Enfin, plusieurs menaces planent sur les dettes publiques en monnaie nationale des émergents : le risque de change, avec l’apparition de défi - cits extérieurs importants ; le risque de crédit (réouverture des CDS des émergents)... Au total, les seules obligations «investissables» semblent donc être le crédit investment grade aux Etats-Unis et le crédit high yield dans la zone euro, ce qui limite fortement le champ des investissements obligataires.