Le blog de Philippe Waechter

La BCE, déprimée, emboîte le pas de l’OCDE

Option Finance - 11 mars 2019 - Philippe Waechter, Ostrum AM

Après l’OCDE, c’est au tour de la BCE de réviser violemment ses prévisions de croissance en 2019 pour la zone euro. L’OCDE attend une croissance de 1 % et la BCE de 1,1 %. L’OCDE attendait 1,8 % à l’automne et la BCE espérait 1,7 % en décembre.

La forte accélération à la baisse de l’activité reflète la très rapide décélération des échanges internationaux avec, en Asie, une contraction des exportations en décembre et en janvier. Ce changement brutal depuis septembre est la conséquence des mesures commerciales adoptées par Donald Trump. Compte tenu de la mondialisation, ces mouvements sur les échanges, notamment entre la Chine et les Etats-Unis, affectent le reste du monde, et notamment la zone euro. L’autre raison est l’incertitude politique qui est apparue ces derniers mois. Le sentiment est désormais celui d’une moindre coordination et d’une moindre coopération à l’échelle globale. Cette incertitude provoque des comportements attentistes. La combinaison des deux phénomènes dans une économie très ouverte, comme peut l’être celle de la zone euro, explique la rapide révision de la croissance.

La zone euro souffre de deux maux supplémentaires. L’absence de coordination politique au sein de la zone ne permet pas d’amortir de façon efficace les chocs négatifs en provenance du reste du monde, la BCE ne pouvant pas tout faire. La deuxième fragilité est la très faible allure des gains de productivité qui limite la capacité de rebond de l’économie de la zone. La BCE s’attend à une reprise de la croissance en 2020 et 2021. Une prévision qui pourrait être encore trop optimiste.