Le blog de Thierry Million

Coronavirus

Les banques centrales, antidote du coronavirus pour les actifs risqués

7 Février 2020 - Thierry Million

Coronavirus, Actifs risqués, Banques centrales

L’apparition du coronavirus dans la province de Hubei en Chine a eu un impact particulièrement différencié sur les marchés selon les classes d’actifs. Les taux d’intérêt ont inversé leur tendance haussière du début de l’année, passant de - 0,15 % à - 0,45 %, sur le Bund à 10 ans. S’inscrivant dans une tendance similaire, le rendement à 10 ans américain a baissé de 1,94 % à 1,50 %. Cette performance remarquable des actifs sûrs reflète les craintes que les mesures des autorités chinoises pour limiter la propagation de la maladie pèsent sensiblement sur la croissance mondiale. En revanche, la baisse concomitante des marchés d’actions et de la plupart des autres actifs risqués des pays développés a été très mesurée. Le S&P 500 n’a perdu qu’un peu plus de 3 %, alors que pendant l’épisode du SRAS en 2003 ou du Zika en 2016, la chute de l’indice avait été bien plus brutale, de l’ordre de 13 % en quelques semaines. A l’identique, les obligations d’entreprises ont fait preuve d’une résistance remarquable, les spreads de crédit ne s’écartant que de quelques points de base. Evidemment, les investisseurs misent sur le caractère temporaire de l’impact du virus, mais pas seulement. La certitude que les banques centrales vont tout mettre en œuvre (baisse de taux et injections de liquidités) pour contrecarrer une possible récession fait obstacle aux liquidations d’actifs risqués.

Ainsi, lorsque la contagion va régresser, il vaudra mieux être investi sur les actifs risqués plutôt que d’être exposé à la remontée des taux d’intérêt.