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Comment s’assurer que les fonds socialement responsables sont bien… socialement responsables ?

Funds Magazine - 2 juillet 2021 - Proposé par Candriam

Face à l’inflation de fonds durables proposés par l’industrie de la finance aujourd’hui, l’investisseur est en droit de se demander si tous ces produits estampillés ISR (investissement socialement responsable) ou ESG (enjeux environnementaux, sociétaux et de gouvernance), sont bien à la hauteur des promesses qu’ils énoncent et non de simples habillages marketing destinés à faire vendre. Fort heureusement, il existe plusieurs labels et systèmes de notation indépendants qui permettent d’y voir plus clair, et même de comparer diverses propositions qui ne parlent pas nécessairement le même langage.

Des labels nationaux

Les labels, le plus souvent introduits à l’initiative des Etats (il n’existe pas encore de norme unifiée au niveau international) et accordés par un organisme d’accréditation choisi par le gouvernement, permettent de rassurer les investisseurs sur la méthodologie utilisée par les gestionnaires d’actifs.

En France cohabitent les labels Greenfin et ISR. Pour prétendre au label ISR français, un fonds doit filtrer 20 % de son univers d’investissement à l’aune de critères ESG ou afficher une note ESG moyenne supérieure à celle de son indice de référence. En outre, l’entité externe d’accréditation procède à un audit des fonds pour s’assurer que la stratégie d’investissement et la méthodologie ESG définies sont bien respectées. Enfin, au sein du champ couvert par un organisme d’accréditation, l’investisseur peut comparer les fonds de différents gestionnaires d’actifs puisqu’une référence est produite pour chaque fonds par l’organisme d’accréditation.

Toutefois, pour l’heure, chaque label a ses propres normes et il peut être ardu de comparer des fonds qui n’affichent pas le même label. Mais en l’absence de règles européennes ou mondiales, l’investisseur peut par exemple commencer par comparer l’empreinte carbone de chacun des fonds qu’il envisage d’intégrer dans son portefeuille. Par ailleurs, l’Union européenne a émis des lignes directrices permettant d’uniformiser progressivement tout cela par des rapports normalisés, un système de classification à l’échelle européenne, dite « taxinomie », et des référentiels de durabilité communs.


 

Les notations PRI, ou la peur de la « blacklist »

Autre outil visant à s’assurer de la qualité des fonds : les Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies (UN PRI). Leur fonctionnement est simple : les signataires de ces principes se voient attribuer une note, que chacun choisit ou non de publier. Cette note, réévaluée chaque année, permet, par la comparaison dans le temps, d’aider les gestionnaires d’actifs à réaliser des progrès.

Ce reporting vise donc à contraindre les signataires à rendre des comptes, à fournir des informations normalisées sur la mise en œuvre des principes et à fournir aux signataires un commentaire sur leur performance.

Concrètement, des dizaines de signataires ont été placés sur une liste de surveillance pour avoir omis de respecter les principes ces dernières années. Si la liste de ces signataires n’a pas été publiée, ces derniers ont été contactés en privé et ont deux ans pour réaliser des progrès sous peine d’être éliminés du programme et… publiquement identifiés.

Lancés en 2006, les PRI regroupent désormais 3 000 signataires représentant plus de 100 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Un instrument majeur de lutte contre le « greenwashing ».


Les notations indépendantes

Noter le fonds qu’on achète non plus uniquement sur des critères de couple rendement/risque, mais également selon des critères ESG, c’est le choix de Morningstar qui a lancé en 2016 son programme de notation de la durabilité et une analyse détaillée de plus de 20 000 fonds. Evalués par classe d’actifs et type d’investissement, ils sont ensuite comparés à leurs concurrents et se voient attribuer une note allant de 1 à 5 « Globes », les fonds les plus durables en obtenant 5.

D’autres sociétés, comme MSCI ou YourSRI, proposent également ce type d’analyses.

Le système de notation ne tient toutefois pas compte de l’engagement des actionnaires ou des approches d’impact, qui sont importants à long terme. Mais il s’agit d’un outil puissant pour les investisseurs soucieux de renforcer le profil ESG de leurs portefeuilles.