Candriam Academy

Candriam Academy

Les grandes tendances de fond de l’investissement durable

Funds Magazine - 26 février 2021 - Proposé par Candriam

L’investissement responsable, désormais incontournable dans l’industrie de la finance, est traversé par de grandes tendances de fond. Celle du changement climatique, bien entendu, mais pas seulement : l’économie circulaire retient de plus en plus l’attention des investisseurs, de même que la digitalisation, la collecte de données ou les changements démographiques dans le monde. Autant de prismes essentiels que les investisseurs se doivent de prendre en compte.

Le changement climatique 

Le réchauffement climatique a des conséquences de plus en plus concrètes pour les entreprises. Non seulement sur le plan des risques physiques en augmentation – inondations, violentes tempêtes, précipitations, incendies de forêts, glissements de terrains… –, mais aussi sur celui des risques de transition, issus des nouvelles réglementations ou des taxes sur les émissions de CO2. Si certains secteurs d’activité y sont par nature particulièrement exposés, de l’industrie pétrolière à la construction, en passant par les réassureurs, c’est l’ensemble de l’économie, tous secteurs confondus, qui va devoir s’adapter, voire se réinventer. L’adaptation au changement climatique peut toutefois engendrer de nouvelles opportunités : les entreprises qui ont investi dans les énergies alternatives sont ainsi soutenues par une hausse de la demande et par de nouvelles normes gouvernementales.

L’économie circulaire

Le modèle linéaire de notre économie, qui ne tient pas compte de la finitude des ressources, est voué à disparaître. Du fait de l’augmentation de la population et de la consommation mondiale, le triptyque « extraire-fabriquer-jeter », qui a été le fondement de la croissance économique au XIXe siècle, n’est plus tenable. Selon le Global Footprint Network, au rythme actuel de la consommation mondiale, il faut l’équivalent de 1,6 planète pour subvenir aux besoins de l’humanité. Et si rien ne change, en 2050, il en faudra 3 ! Une autre façon d’assurer la croissance est pourtant possible : l’économie circulaire, qui privilégie le recyclage, favorise une utilisation plus rationnelle des équipements et limite la production de déchets. Les experts d’Accenture estiment à 4 500 milliards de dollars le potentiel de ce nouveau marché à horizon 2030.

La digitalisation

Les technologies numériques ont révolutionné des pans entiers de l’économie. Outre l’émergence des Uber et autres Airbnb dans le secteur privé, cette digitalisation de l’économie a aussi permis d’imaginer des villes « intelligentes » dans le secteur public. La convergence de l’accès quotidien au numérique – smartphones, appareils connectés, Internet, voire, dans certains pays, reconnaissance faciale… – implique que chaque action effectuée par un utilisateur laisse une trace numérique. La collecte, le stockage et l’utilisation des données sont devenus une préoccupation majeure pour les entreprises. Selon une étude américaine, les cas de piratage impliquant la divulgation d’informations personnelles de clients ont généré des pertes de 1,5 milliard de dollars en moyenne. Rien d’étonnant dès lors que l’investisseur responsable intègre ces acteurs dans sa réflexion.

La démographie

Bien sûr, la démographie exerce une influence majeure sur la demande de biens et de services. Le vieillissement de la population et la baisse de la natalité dans les pays développés impactent également considérablement le marché du travail, déjà touché par les nouvelles technologies. Parallèlement, l’essor des classes moyennes dans le monde crée de nouvelles opportunités dans tous les secteurs d’activité, et particulièrement dans les domaines de la santé et du tourisme. Enfin, la répartition entre les classes d’âge est également un élément à prendre en considération : aux Etats-Unis, par exemple, les « millennials » sont désormais plus nombreux que les « baby-boomers ». Leurs attentes, tant au niveau de leur consommation que de leur épargne, diffèrent nettement de celles de leurs aînés.

En savoir plus

En 2019, Pacific Gas and Electric Corp, fournisseur d’électricité californien, s’est déclaré en faillite car il ne pouvait pas honorer les dédommagements évalués à quelque 30 milliards de dollars à la suite d’incendies de forêts déclenchés par ses équipements. La mauvaise prise en compte des impacts climatiques sur son activité dans une région de plus en plus en proie à la sécheresse a eu raison d’une société créée il y a plus de cent ans !