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Funds Magazine - 26 mars 2021 - Proposé par Candriam

Qu’il soit estampillé ESG ou ISR, l’investissement durable est devenu incontournable pour les gestionnaires d’actifs. Mais comment font concrètement les gérants pour constituer leurs portefeuilles durables ? Pour le comprendre, intéressons-nous aux différentes méthodologies qui mènent à l’investissement durable. Bienvenue dans les cuisines de l’ISR !

Exclusion 

L’exclusion est la méthode la plus ancienne et de loin la plus utilisée par les investisseurs dans le monde, avec des actifs estimés à 20 000 milliards de dollars en 2018. Elle consiste à ne pas investir dans des entreprises qui ne respectent pas certains critères liés à la durabilité. Il peut s’agir de critères éthiques, religieux et, plus généralement, des préférences et objectifs spécifiques des investisseurs : exclusion d’entreprises en raison de l’impact de leurs activités sur l’environnement (secteur pétrolier) ou sur la santé (alcool, tabac…).

Sélection positive

Contrairement à l’exclusion, la sélection positive consiste à choisir les entreprises qui s’efforcent de satisfaire au mieux les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) pertinents pour leur secteur. Il s’agit d’un processus proactif qui aboutit à l’établissement d’un classement des entreprises, soit par rapport à leur groupe de référence ou secteur d’appartenance (« best-in-class »), soit par rapport à l’ensemble de l’univers d’investissement (« best-in-universe »).

Dans le cas d’une sélection « best-in-class », au sein du secteur pétrolier, par exemple, les acteurs qui s’efforcent de développer des méthodes de production d’énergie propre et qui sont à la pointe en matière de transparence sur leur impact climatique vont se retrouver parmi les meilleurs élèves et pourront être intégrés au portefeuille. Dans l’approche « best-in-universe », les entreprises sont classées tous secteurs confondus, ce qui peut mener à d’importantes surpondérations ou sous-pondérations sectorielles. Ces mêmes acteurs pétroliers, même s’ils produisent des énergies propres, seront défavorisés par rapport aux télécoms par exemple, dont les enjeux liés à la durabilité sont en général nettement moindre que pour le secteur pétrolier.

Approche thématique

L’approche thématique consiste à investir dans des entreprises qui proposent des solutions à des enjeux du développement durable spécifiquement choisis par l’investisseur : pénurie d’eau, réchauffement climatique, gestion du capital humain…

Elle permet d’investir de manière ciblée pour que le gérant réponde à une ou plusieurs problématiques particulières en choisissant, en fonction du thème, les secteurs ou les entreprises les plus à même d’œuvrer pour ces objectifs. Ces thèmes sont souvent puisés dans les Objectifs de développement durable des Nations Unies.

Intégration

L’intégration consiste à incorporer des critères ESG dans les décisions d’investissement. Contrairement à l’exclusion ou à la sélection positive, dont l’objectif est de limiter l’univers d’investissement, l’intégration se concentre sur l’analyse financière des émetteurs et la façon dont les aspects ESG peuvent nourrir cette analyse. L’intégration ESG permet d’identifier les risques et les opportunités liés spécifiquement à des facteurs ESG et peut amener un gérant à moduler la valorisation de la société en fonction de ces derniers. En ce sens, l’analyse ESG contribue à l’appréciation du couple rendement/risque, un risque extra-financier identifié devant être « compensé » par un potentiel de performance supplémentaire. Avec 17 500 milliards de dollars sous gestion en 2018, l’intégration ESG est aujourd’hui l’une des approches les plus répandues en matière d’investissement durable.

En savoir plus

Les 10 principes du Pacte mondial des Nations Unies (classés en quatre catégories : droits de l’homme, normes de travail, environnement et corruption) servent souvent de références afin d’éliminer les entreprises trop sujettes à controverse. L’analyse fondée sur ces critères détermine si les entreprises, voire les Etats, respectent les grands traités internationaux, tels que la Convention internationale des droits de l’homme ou l’accord de Paris sur le climat. Cette analyse permet de s’assurer que les investissements ne sont réalisés que dans le respect de ces normes internationales reconnues.