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Flotte automobile

Les entreprises engagent leur transition énergétique

Option Finance - 1er octobre 2018 - Propos recueillis par Anne del Pozo

De gauche à droite : Gilles Langlois, directeur, Carte Pétrolière Total - Yassin Korchi, directeur général WayKonect - François Piot, président de l’OVE - Guillaume Maureau, directeur général adjoint en charge du commerce d’ALD Automotive France

Face à des contraintes réglementaires et fiscales de plus en plus contradictoires et en constante évolution mais également aux objectifs de maîtrise des coûts des gestionnaires de flotte, les entreprises tendent à se pencher sur les usages qui sont faits de leur véhicule. Une démarche indispensable tant pour limiter le poids de la fiscalité dans le TCO flotte que pour répondre aux enjeux environnementaux actuels et qui, pour certaines entreprises, peut représenter le point de départ de la mise en place de leur plan de mobilité.

Les nouvelles règles imposées par la norme WLTP

François Piot, président de l’OVE
OVE

François Piot, président de l’OVE : Le milieu du monde automobile est, en cette rentrée, notamment marqué par les nouvelles règles de calculs d’émission de CO2 imposées par la norme WLTP. Depuis le 1er septembre, la mise en place de cette norme WLTP est en effet entrée dans sa seconde phase. Désormais, tous les véhicules présentés à l’immatriculation doivent l’être en vertu de cette norme. La phase finale est prévue en septembre 2019, date à laquelle ce seront tous les véhicules vendus qui devront être présentés avec un CO2 WLTP. Dans son calcul, le WLTP intègre non seulement les caractéristiques techniques d’un véhicule mais aussi ses options, sachant que chaque option ne génère pas la même quantité de CO2 si elle est prise isolément ou non. D’après nos calculs et en vertu de cette norme WLTP, il existe ainsi plusieurs trillions de combinaisons possibles en matière d’émission de CO2. Or, seuls les constructeurs pourront nous donner, véhicule par véhicule, leur taux d’émission de CO2. A ce jour, parmi les véhicules déjà homologués WLTP, nous observons une augmentation comprise entre 5 % et 10 % entre la norme NEDC (ancienne norme utilisée pour le calcul des émissions de CO2) et la NEDC corrélée (norme transitoire entre NEDC et WLTP), 5 % à 10 % entre la NEDC corrélée et le WLTP sans option, et encore entre 5 % et 10 % entre le WLTP sans option et le WLTP avec options. Entre le premier et le dernier seuil, l’écart peut être entre 15 % à 30 % d’augmentation d’émission de CO2. Sachant que toutes les taxes sur les véhicules de société (TV, bonus/malus, taxes sur les vignettes et cartes grises, AND) sont assises en euros par gramme de CO2, si les règles de calculs ne changent pas, elles pourraient donc augmenter entre 15 % et 30 %. Il semblerait néanmoins que le gouvernement ait pris conscience du surcoût considérable que pourrait générer le WLTP sur la fiscalité des entreprises. Le projet de loi de finances 2019 est en ce sens très attendu. D’autre part, si l’administration française a ainsi pris des engagements vis-à-vis de l’Union européenne en matière d’émission de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique, les élus locaux pour leur part sont davantage préoccupés par la santé publique de leurs administrés et souhaitent en ce sens limiter les émissions de particules fines et les NOX dans leurs villes. Jusqu’à présent et notamment en raison d’une fiscalité plus favorable aux véhicules diesel, les entreprises restent néanmoins davantage vigilantes aux émissions de CO2 qu’aux émissions de particules fines.

Gilles Langlois, directeur, Carte Pétrolière Total
Carte Pétrolière Total


Gilles Langlois, directeur Carte Pétrolière Total :
Néanmoins, sur les 2 millions de cartes Total en circulation, nous constatons cette année une très forte hausse de la consommation essence, là où le diesel est pour sa part en légère croissance seulement. La bascule du diesel vers l’essence s’est donc amorcée même si le diesel reste encore prépondérant dans les parcs d’entreprises.




Guillaume Maureau, directeur général adjoint en charge du commerce d’ALD Automotive France
ALD Automotive France



Guillaume Maureau, directeur général adjoint en charge du commerce d’ALD Automotive France :
Chez ALD, nous sommes passés de 10 % d’immatriculations non-diesel sur les véhicules particuliers début 2017 à 32 % à l’été 2018.






François Piot :
Selon l’OVE, si nous prenons globalement tous les véhicules d’entreprise, l’essence VP+VUL a gagné 5 points dans les parcs depuis le début de l’année. Les VP essence ont gagné 7,5 points et ils ont perdu presque 8 points en diesel. Les immatriculations de véhicules électriques et hybrides sont pour leur part assez stables.

Guillaume Maureau :
Les entreprises ont modifié leur approche sur le choix des motorisations. Du tout diesel, de plus en plus elles adaptent leurs choix à la loi de roulage. Avec l’adaptation des valeurs résiduelles des loueurs LLD sur les véhicules essence et le tassement des valeurs résiduelles sur les véhicules diesel, le TCO sur les véhicules de segment A, B ou C (petits segments) roulant jusqu’à 20 000 voire 25 000 km devient majoritairement favorable aux véhicules essence. Nous réalisons que dans les flottes d’entreprise, il y a bien souvent 20/25 % de la flotte éligible aux véhicules essence ou hybride essence. Pour arbitrer sur un choix d’énergie, tout l’enjeu consiste pour les entreprises à bien comprendre les usages qui sont faits de leurs véhicules. Le choix des motorisations est en effet fonction de la loi de roulage, des usages, des comportements de conduite et de la région où travaille le collaborateur. Le choix final du véhicule doit se faire sur un coût complet (TCO) et non sur la base d’un loyer.


Mieux connaître les usages des véhicules grâce aux loueurs

François Piot : Depuis le 1er janvier, de nombreuses entreprises ont l’obligation de mettre en place un plan de mobilité. Il s’agit d’un bon point de départ à une réflexion sur les usages qui sont faits des véhicules en flotte. A ce jour, 14 % des entreprises ont en France mis en place un plan de mobilité et 45 % (37 % en Europe) utilisent déjà des solutions alternatives (covoiturage, autopartage, etc.) dont 21 % pour les TPE et 72 % pour les très grandes entreprises. Cette loi va certes dans le sens de l’intérêt général mais peut également contribuer à la baisse de certains coûts pour les entreprises. La bonne méthode consiste à challenger d’abord les besoins de tous les salariés en termes de déplacements, et à identifier ceux qui sont vraiment nécessaires. Ensuite il faut qualifier ces déplacements (où ? quand ? comment ?) et définir les solutions de mobilité les mieux adaptées à chaque déplacement : véhicule individuel, autopartage, transport en commun… Pour ceux qui nécessitent un véhicule individuel, il convient également d’arbitrer sur le choix de l’énergie en fonction de la loi de roulage. En ce sens, le plan de mobilité pousse à la réflexion sur le sujet.

Gilles Langlois : Pour mener cette réflexion, les entreprises ont besoin d’outils qui les aident à comprendre ce qui se passe dans leur parc. Si les grands groupes sont souvent équipés en la matière, c’est beaucoup moins le cas des PME. Un fichier Excel ne suffit généralement pas à obtenir une bonne visibilité de sa flotte.

Guillaume Maureau : Les loueurs proposent généralement des équipes de consulting et de commerciaux qui maîtrisent ces processus et qui ont les outils d’analyse permettant d’apporter les meilleurs conseils aux clients.

Gilles Langlois : Toutes les entreprises n’ont pas de loueurs, d’autres sont multi-loueurs, ce qui complexifie la démarche. Elles n’ont alors parfois qu’une vision partielle de leur flotte.

Guillaume Maureau : Une entreprise peut également confier la gestion directe de ses collaborateurs en «full outsourcing», ce qui permet d’alléger au maximum les coûts liés à la gestion interne du parc auto.

Gilles Langlois : Il y a des entreprises qui ont un loueur mais gèrent leur flotte en interne. D’autres n’ont pas forcément d’outils pour gérer leur flotte. A cet effet, elles ont besoin d’un outil tel que GR Analytics, leur permettant de récupérer des données précises sur leurs véhicules en flotte, de les centraliser, de les consolider pour ensuite les analyser en vue d’optimiser leurs coûts flotte. Ces outils permettent de suivre l’utilisation, le kilométrage et l’entretien des véhicules mais également le comportement de conduite des collaborateurs qui peut avoir des incidences sur, par exemple, la consommation en carburant ou la sinistralité. Il existe ainsi différents axes qui permettent à l’entreprise de diminuer sa consommation de carburant et de s’engager dans une démarche plus vertueuse.

Yassin Korchi, directeur général, WayKonect
WayKonect

Yassin Korchi, directeur général WayKonect : Nous avons été très surpris de constater que, finalement, peu d’entreprises maîtrisent leur TCO voire en connaissent bien la définition et les différentes composantes. Nous constatons par ailleurs que les entreprises ont beaucoup d’informations à collecter et à consolider. Néanmoins, dès lors qu’elles ont ces informations, elles se demandent encore souvent quels outils utiliser pour optimiser leur TCO, définir une meilleure allocation des ressources par rapport aux besoins, etc. Nous avons ainsi passé beaucoup de temps à essayer de comprendre comment nos clients fonctionnaient pour ensuite développer un outil qui soit le plus précis possible pour les accompagner dans la gestion et l’analyse de leur flotte. Il faut savoir que certaines entreprises ne savent même pas combien de véhicules elles ont en parc !

François Piot : Aujourd’hui, il y a environ chaque année 509 000 véhicules mis à la route par les membres des syndicats des loueurs longue durée. Les entreprises qui ont un loueur savent exactement le nombre de véhicules dont elles disposent et le montant des loyers qu’ils paient, ce qui ne veut pas dire forcément qu’elles en connaissent le TCO.

Yassin Korchi : Certaines entreprises, bien qu’elles soient structurellement bien organisées pour gérer leur flotte, peuvent rencontrer des difficultés dans leurs démarches en la matière. C’est notamment le cas de celles dont la gestion de flotte est complexe au regard de son nombre de sites en France et de gestionnaires de flottes.

François Piot :
D’autres entreprises qui, comme Orange, externalisent la gestion de leur flotte auprès de loueurs ont en revanche une vision beaucoup plus précise de leur flotte et ce, même si elles ont de nombreux centres de facturation en France. D’ailleurs, depuis qu’Orange sous-traite la gestion de sa flotte, le groupe en a considérablement diminué la taille.

Guillaume Maureau : Certaines grandes entreprises qui ont fait le choix de l’externalisation ont réalisé des gains de l’ordre de 20 % sur le coût global de gestion du parc, tout en ayant une parfaite visibilité sur le coût global de ce parc.

Gilles Langlois : De même, de nombreuses entreprises ont encore en parc des véhicules qui ne roulent pas. Une fois encore, pour mieux les identifier et en optimiser l’usage, les entreprises peuvent se tourner vers leur loueur ou recourir à un outil.

François Piot : Nous ne manageons bien que ce que nous mesurons. La première démarche à mettre en place consiste donc à mesurer et analyser son parc.


Les boîtiers télématiques de plus en plus performants pour l’analyse des usages

Yassin Korchi : Les petites et moyennes entreprises ne disposent pas toujours d’un gestionnaire de flotte. Plus l’entreprise est petite et plus la personne en charge de la gestion de flotte automobile peut être le dirigeant ou une assistante dont ce n’est alors pas le métier.

Guillaume Maureau :
De même, les enjeux de gestion de flottes diffèrent selon la taille de l’entreprise. Pour les patrons de TPE, le véhicule peut être également un véhicule plaisir (SUV Premium). Pour les artisans, le véhicule doit prioritairement répondre aux impératifs professionnels.

François Piot :
Il y a quelques dizaines d’années, les entreprises choisissaient leurs véhicules en fonction du prix de vente catalogue, puis en fonction du prix de vente remisé. Ensuite elles ont commencé à intégrer des prix de loyers financiers, puis d’un loyer avec services. Ce sont ces différentes étapes successives qui ont permis d’aboutir au TCO tel que nous le connaissons aujourd’hui. Certes les plus grandes entreprises sont très avancées sur le processus là où les petites entreprises n’en sont qu’aux prémices, mais nous constatons que globalement, ces 40 dernières années, l’estimation de plus en plus précise du coût réel d’un véhicule gagne du terrain chez tous les décideurs.

Yassin Korchi :
Pour les entreprises dont le TCO devient un sujet au regard de la taille de la flotte et des coûts qu’elle induit, il s’agit également de faire converger les intérêts de l’entreprise en matière notamment de coût et de sécurité avec ceux du collaborateur en matière, entre autres, de confort, de mobilité et d’usage. Tout l’enjeu consiste à mettre à leur disposition des outils qui permettent cette convergence d’intérêts et d’inciter le conducteur à faire davantage attention à son impact à lui, notamment en matière de consommation de carburant et d’émission de CO2. Il est à cet effet important de responsabiliser durablement le collaborateur sur ce sujet (consommation carburant, frais de remises en état, etc.). Un outil tel que celui de WayKonect permet de constater comment le véhicule est utilisé, de coacher le conducteur et de le challenger pour qu’il améliore son comportement de conduite.

François Piot :
Cette démarche a un effet extrêmement vertueux en matière de développement durable. Améliorer le comportement de conduite permet de réduire la consommation de carburant mais également la sinistralité et par conséquent les arrêts maladie et les frais qui en découlent, voire les décès au volant, qui sont la première cause de mortalité en entreprise.

Yassin Korchi :
Nous avons également, grâce à ces outils, une meilleure connaissance des usages qui sont faits des véhicules, ce qui permet d’adapter les motorisations de la flotte en conséquence.

Guillaume Maureau :
La loi de roulage et l’utilisation qui est faite du véhicule restent néanmoins les principaux éléments sur lesquels toute entreprise s’engageant dans une démarche de transition énergétique doit s’appuyer. Le TCO devient la clé de décision. Il est clair que les initiatives prises en matière d’éco-conduite et de formation aux énergies alternatives (hybride, électrique) ne peuvent que favoriser la baisse de sinistralité et des niveaux de consommation carburant plus vertueux.

Gilles Langlois :
Le véhicule connecté permet par exemple de connaître la part de trajet réalisé sur autoroutes ou sur routes de campagne, selon les véhicules. La collecte et l’analyse des données du véhicule sont indispensables pour éviter les kilomètres parasites ou optimiser les usages d’une flotte.



Vers des solutions de mobilité alternatives

Guillaume Maureau : Les nouvelles générations qui arrivent sur le marché du travail, les nouveaux usages et comportements des collaborateurs favorisent également la mise en œuvre de solutions de mobilité alternative. Il y a moins d’attachement au «véhicule de fonction». Les nouveaux services de mobilité proposés par les entreprises séduisent : car sharing, ALD Switch, Crédit Mobilité. Cela peut devenir un enjeu pour recruter ou fidéliser les recrues.

Yassin Korchi : Il s’agit encore beaucoup d’organisation. Aujourd’hui, il y a encore beaucoup d’entreprises où le statut du collaborateur lui donne accès à un véhicule, qu’il l’utilise ou non.

Guillaume Maureau :
Nous constatons néanmoins une tendance des entreprises à proposer à leurs collaborateurs un choix entre un véhicule de fonction et des solutions de mobilité alternatives.

Gilles Langlois : Le nombre de voitures de fonction dans les grands groupes, a fortiori lorsqu’ils sont à Paris, est amené à diminuer. Néanmoins, chez nos clients, ce n’est pas une tendance lourde.

François Piot : Les très jeunes collaborateurs n’ont plus cette appétence pour un véhicule de fonction, du moins lorsqu’ils débutent leur carrière. Néanmoins, elle est toujours importante chez les collaborateurs qui ont une famille ou ceux qui sont plus âgés. L’âge à partir duquel l’attractivité du véhicule de fonction est grande est en train d’avancer.

Guillaume Maureau : C’est dans cet état d’esprit que s’inscrit ALD Switch, notre solution de mobilité alternative. Elle est basée sur la location longue durée de véhicule électrique qui donne droit à 60 jours par an de véhicule thermique en France et dans toute l’Europe. Nos clients ALD Switch (Switchers) sont très enthousiastes à l’idée de bénéficier de ces services innovants qui leur permettent de consommer différemment la mobilité.

Gille Langlois : L’appétence des collaborateurs aux véhicules électriques ou pour certaines de ces solutions de mobilité alternative ne sera pas la même selon qu’ils travaillent et habitent dans une grande ville bien desservie par les transports en commun ou en province. D’autant que le passage à un véhicule électrique nécessite d’avoir une borne de recharge à proximité de leur lieu de travail et/ou de leur domicile.

Guillaume Maureau : L’organisation des réseaux de bornes de recharge en France n’est pas encore optimale.

François Piot : A ce jour, les véhicules électriques ne représentent que 1,7 % des flottes automobiles. Ils n’ont pas encore apporté la démonstration de leurs avantages en entreprise. Certaines mettent en avant ces difficultés de recharge mais d’autres éléments, tels que le prix des véhicules et l’avantage en nature, freinent également le recours à ces véhicules. L’avantage en nature est calculé, soit sur la base du loyer, soit sur le prix d’achat du véhicule. Dans le cas du véhicule électrique, l’avantage en nature est calculé sur le prix d’achat du véhicule qui comprend, entre autres, la batterie (50 % du prix total). Comme l’avantage en nature sur un véhicule électrique est deux fois supérieur à celui d’un véhicule thermique, il est dissuasif pour le collaborateur.

Gilles Langlois :
Aujourd’hui, nos cartes donnent déjà accès à 12 000 bornes en France. Si nos clients sont satisfaits des services auxquels notre carte leur donne accès (carburant, lavage, parking, péages, bornes de recharges), pour autant, peu l’utilisent pour recharger leur véhicule électrique. Certes elle donne accès aux bornes de recharge installées sur le domaine public mais tout le monde n’en a pas forcément à proximité de son lieu de travail ou de son domicile.

Guillaume Maureau :
Le développement du véhicule électrique reste encore modeste, environ 1 % de nos immatriculations. Mais ce développement doit s’accélérer avec l’amélioration de la gestion des recharges et la capacité qu’auront les collectivités à favoriser le véhicule électrique : parking/voies réservées, zones d’accès réservées. Bien entendu les offres innovantes de mobilité permettront aussi de lever les derniers freins.


Le plan de mobilité, élément déclencheur à la transition énergétique

François Piot : D’où l’intérêt de prendre le temps d’identifier dans l’entreprise les quelques véhicules éligibles à l’électrique, aux hybrides rechargeables ou à d’autres solutions de mobilité alternatives et pour lesquels le directeur financier est prêt à faire un effort. Le plan de mobilité d’entreprise est, en ce sens, une réflexion intéressante.

Yassin Korchi : La plupart de nos clients disposant d’une gestion de flotte automobile structurée nous demandent aujourd’hui de les accompagner dans la mise en place d’un service d’autopartage. Cette démarche est certes motivée par un effet de mode mais aussi par les entreprises convaincues que cela permettra de réduire le parc de véhicules ou de mieux le répartir entre leurs différents sites. La mise en place d’un plan de mobilité qui vise à terme à une meilleure allocation des ressources peut être un point de départ à cette réflexion.

François Piot :
Selon l’OVE, 45 % des entreprises en France (contre 37 % en Europe) utilisent déjà une mobilité alternative avec notamment de l’autopartage (24 % en moyenne), du covoiturage (22 % en moyenne) et du crédit mobilité (16 %). Quelques initiatives individuelles d’utilisation de trottinettes électriques ou de vélos électriques sont également mises en œuvre, mais cela reste très confidentiel.

Guillaume Maureau : Le covoiturage d’entreprise est notamment très développé en province où le transport en commun domicile-travail est parfois compliqué voire impossible. Sur les deux-roues, cela reste anecdotique même si certains grands clients ont mené des expériences avec le vélo et les deux-roues motorisés.

François Piot : Le covoiturage reste l’une des solutions de mobilité alternative les plus plébiscitées actuellement. Pour preuve, l’essor de start-up comme Klaxit, notamment porté par les récentes grèves SNCF mais également par le développement du covoiturage inter-entreprise.

Yassin Korchi :
Les grèves représentent un élément contextuel majeur qui a favorisé l’essor du covoiturage.

François Piot : Selon une étude OVE/Viavoice, 67 % des collaborateurs considèrent qu’il est de la responsabilité du chef d’entreprise de s’occuper de la mobilité de ses collaborateurs. 62 % des décideurs d’entreprises interrogés le considèrent également. Même si ce n’est pas dans leur priorité immédiate, ils sont quand même conscients que cette charge leur appartient.

Guillaume Maureau :
En tant que prestataire nous devons, au travers de nos services et de nos équipes, être en mesure d’accompagner nos clients et prospects sur le sujet de la mobilité et dans la mise en place de solutions telles que le car sharing ou le crédit mobilité. Le fait de pouvoir proposer à nos clients des prestations de mobilité novatrices leur permet d’avancer dans leur transition énergétique et la mise en place de leur plan de mobilité.

Gilles Langlois :
L’objectif, avec une prestation comme le car sharing, consiste à mettre en place des solutions de mobilité alternatives pour limiter le recours à la location courte durée ou aux taxis et non pas pour diminuer la flotte de véhicules d’une entreprise.

Guillaume Maureau :
Nos expériences permettent de constater que le car sharing est souvent un moyen d’offrir plus de services aux salariés, notamment à ceux qui n’ont pas accès aux véhicules de fonction. Louer pour un week-end ou bénéficier d’une voiture le soir après une réunion tardive, autant d’options qui étaient impossibles avant la mise en place du car sharing.

Yassin Korchi : Le car sharing ne va pas réduire un parc automobile mais il va contribuer à en limiter l’augmentation.

François Piot : D’ailleurs, malgré la mise en place de solutions de mobilité alternatives, les flottes automobiles continuent actuellement de progresser en entreprise, de l’ordre de 3 % par an.

Guillaume Maureau :
Ces nouvelles mobilités font même parfois augmenter le nombre de véhicules en parc.