Les Trophées de l'Asset Management

Evénement

Les trophées de l’asset management récompensent cinq nouveaux lauréats

Funds Magazine - 26 mars 2021 - Ingrid Labuzan

La distance n’aura pas nui à la qualité, ni à l’intensité, des débats entre les membres des jurys des trophées de l’asset management 2020. Une édition à la saveur particulière. Si les cinq prix distribués récompensent des stratégies et des efforts menés depuis des années par les sociétés de gestion, ils soulignent également la grande capacité d’adaptation de certains acteurs face aux événements.

C'est un travail de longue haleine que viennent récompenser les trophées de l’asset management. Travail d’ampleur de la part des participants, qui bâtissent de solides dossiers de candidature, certains n’hésitant pas à se présenter année après année afin de démontrer la mise en œuvre de leur stratégie. Travail de fond également du côté des jurés, qui se livrent à une analyse approfondie de chaque dossier et confrontent leurs opinions lors de débats animés.

Il faut dire que le processus de sélection est le fruit de huit années d’expérience, au cours desquelles les critères d’évaluation ont été affinés et de nouvelles catégories de prix créées. Un juste reflet des évolutions qui traversent l’industrie de la gestion d’actifs. Ainsi, naissait en 2017 le Prix de la philanthropie tandis que, il y a trois ans, le Prix de la meilleure campagne publicitaire devenait le Prix de la communication ISR, récompensant ainsi toutes les actions permettant une meilleure compréhension et diffusion de l’investissement responsable.

Regards croisés

Les évolutions du secteur se font également sentir sur la composition du jury. Quatre prix sont évalués par un même panel. Ses huit membres décernent les Trophées du meilleur service client, de la société de gestion entrepreneuriale de l’année, de la société de gestion étrangère la plus dynamique en France et de la communication ISR. Aux côtés de membres historiques figurent des arrivants plus récents. « Les membres de notre jury sont de plus en plus nombreux et proviennent d’horizons plus variés, commente Philippe Rey, directeur des investissements de l’UMR, juré depuis sept ans. Le jury avait initialement un profil très institutionnel, puis il s’est élargi, notamment grâce à des représentants du métier de CGP, qui apportent leur vision. Cela permet de couvrir certains sujets de manière très complète, notamment pour le Prix du service client. »

Le Prix de la philanthropie bénéficie d’un jury dédié. Si sa composition a peu évolué depuis 2017, elle rassemble cependant des profils là encore diversifiés, explique Sarah Charieyras, déléguée générale de la Fondation Sisley-d’Ornano. « Nous avons des débats animés et constructifs, car nous avons des angles d’approche assez différents. Mais nous sommes toujours parvenus à un consensus pour le lauréat. Ce prix a également un grand mérite, celui de créer des passerelles entre l’asset management et le secteur associatif, des mondes qui ne sont pas forcément amenés à se croiser mais pour lesquels les rencontres sont riches de sens. »

Une grille de lecture pour des sujets complexes

La composition du jury principal a évolué, et sa méthodologie également. Au cœur des évaluations, le dossier de candidature. Sa composition demeure libre pour le Prix de la communication ISR. Pour les autres trophées, il repose sur un questionnaire détaillé élaboré avec Deloitte, qui a notamment affiné celui dédié au service client. « Les premières années, notre questionnaire était centré sur le CRM, le traitement de la donnée et le reporting. Puis nous avons souhaité mieux prendre en compte la manière dont les sociétés de gestion s’adressent à leurs clients au-delà des sujets liés aux fonds. Nous nous intéressons au reporting ESG, aux indicateurs tels que le respect d’une trajectoire 2 °C et l’active share, ou encore aux innovations proposées en matière de services », explique Philippe Rey.

La vision se veut également exhaustive pour le Trophée de la société de gestion entrepreneuriale. « Les membres du jury fournissent un travail très fouillé. Nous examinons l’aventure entrepreneuriale derrière chaque candidat, la performance des produits, bien sûr, mais aussi leur originalité. Une société de gestion entrepreneuriale n’a pas de clientèle captive, elle doit se démarquer par son offre. Nous prêtons aussi beaucoup d’attention à la qualité du service apporté au client », détaille Antoine Valdes, président du club des entrepreneurs de l’AFG. Un examen qui donne lieu à un classement. Trois à quatre finalistes sont ensuite invités à se présenter devant le jury pour un grand oral.

« Tout peut basculer avec cette épreuve. C’est là que l’on voit réellement l’étoffe d’un entrepreneur, que l’on sent sa capacité à convaincre, que l’on comprend s’il a une réelle vision pour sa société », s’enthousiasme Antoine Valdes. Ainsi, le trophée récompense cette année la société de gestion Sanso IS, mais les membres du jury ont également été sensibles à la prestation des fondateurs de Gemway Assets.

Le Trophée de la meilleure société de gestion entrepreneuriale est le seul à contenir une épreuve orale – qui s’est tenue en visio en 2020. Chaque juré a sa propre sensibilité. Antoine Valdes avoue être attentif à la ténacité des entrepreneurs, « une qualité indispensable pour réussir, et qui fait la différence entre la trentaine de sociétés de gestion qui se créent chaque année ». Philippe Rey est sensible à la notion de progression. « Certaines sociétés de gestion postulent plusieurs années de suite, je regarde l’évolution de leur dossier, j’apprécie l’amélioration. Nous pouvons parfois faire le choix de récompenser la forte progression d’un asset manager. » C’est donc bien la capacité des sociétés de gestion à se renouveler, à innover, à agir dans différents environnements, que ces prix viennent récompenser.