Entreprise & Expertise

Krach boursier

L’évaluation des entreprises dans le contexte actuel de crise

Option Finance - 27 Mars 2020 - Thomas Hachette

Analyse financière, Entreprises, Crise financière

C’est bien connu : en temps de crise, la volatilité des marchés grimpe en flèche (l’indice de volatilité VIX est ainsi surnommé «l’indice de la peur»(1)) et la finance comportementale a mis en exergue le biais assez courant qu’est «l’imitation», qui conduit à imiter «la foule» indépendamment de données objectives. Sans parler de l’impact des ventes forcées, qui obligent certains à vendre à un prix qu’ils n’auraient normalement pas accepté. Au final, dernièrement, on a vu les marchés baisser d’environ 30 % en 20 jours de bourse(2) et l’indice VIX – qui demeurait depuis un an entre 12 % et 25 % – a bondi, passant rapidement de 14 % à plus de 80 %.

Par Thomas Hachette, associé, Sorgem Evaluation

1. De manière rationnelle, comment devrait-on réfléchir concernant l’analyse de valeur d’une société en temps de crise (dans le cas où l’investisseur n’a pas de contraintes de vente) ?

Cette question, un grand nombre de personnes se la posent ou vont devoir se la poser : quelle valeur retenir dans le cadre d’OPCVM d’épargne salariale ? Quelle valeur d’actif net réévalué pour les fonds d’investissement, qui vont certainement devoir mettre à jour les évaluations des sociétés non cotées de leur portefeuille à fin mars, du fait de l’occurrence d’un événement significatif ? Quelle valeur dans le cadre des tests de dépréciation ? Quelle valeur encore dans le cadre d’une offre publique de retrait ou d’une nationalisation, que le gouvernement a dit possible si nécessaire ? En effet, dans un tel processus, qui implique une contrainte à des propriétaires privés, le versement d’une «juste et préalable indemnité» est requis, comme le soulignait le Conseil constitutionnel dans une décision de 1982 (avant la loi de nationalisation de la même année). Dans cette décision, le Conseil indiquait que «les actionnaires des sociétés visées par la loi de nationalisation [avaient] droit à la compensation du préjudice subi par eux, évalué au jour du transfert de propriété» et que «cette indemnisation est fixée par un tiers indépendant et peut s’amputer sur la dette vis-à-vis de l’Etat, ou être réglée en numéraire».

2. Première étape nécessaire de l’analyse de valeur : l’estimation de l’impact de la crise par secteur et par société

Si l’on se concentre sur la crise actuelle due au Covid-19 (sans prendre en compte les autres éléments récents, notamment ceux affectant le pétrole), deux théories peuvent s’opposer. La première se fonde sur l’idée que, même si des aléas subsistent, cette crise,...

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