La lettre d'Option Droit & Affaires

Interview

IPO : du bon usage du lock up

Lettre Option Droit & Affaires - 18 novembre 2015 - Florent Le Quintrec

Après avoir introduit en Bourse Spie et Europcar il y a quelques mois, leurs actionnaires verront leur période de lock up, qui leur impose de ne pas vendre leurs titres pendant une certaine durée, arriver à échéance respectivement le 6 et le 22 décembre. L’occasion de revenir sur l’utilité et les contraintes de ce mécanisme, avec Hervé Letréguilly, associé de Shearman & Sterling.

Hervé Letréguilly

Pourquoi une IPO implique-t-elle systématiquement une période de lock up ?

Le lock up est un mécanisme issu de la pratique, aucune règle juridique ne l’impose. Ce dispositif a pour finalité d’éviter que, pendant une certaine période après une introduction en Bourse, les actionnaires ne vendent leurs titres, le cas échéant massivement, ce qui pourrait faire chuter le cours de l’action. Cet engagement est très important pour que les investisseurs acceptent de s’engager à acquérir des titres lors d’une introduction en Bourse, et il est demandé et négocié par les banques introductrices. Le lock up est fixé à 180 jours dans la majorité des cas, mais peut courir de 90 jours à un an selon les cas. C’est un des outils dont les banques disposent pour permettre une meilleure tenue du cours post-introduction, au même titre que la surallocation des titres offerts (couverte par l’option de surallocation dite «greenshoe») ou la faculté que les banques se réservent de stabiliser le cours par rachats d’actions.

Les vendeurs ne peuvent donc pas céder l’intégralité de leurs titres au moment de l’IPO ?

Sauf circonstances particulières (comme Euronext), il est très rare que les actionnaires cèdent la totalité de leurs titres lors de l’introduction. Tout d’abord, en termes de présentation de l’opération aux investisseurs, un désengagement total des actionnaires (et des dirigeants) enverrait un mauvais signal au marché. Par ailleurs, la capacité du marché à absorber les titres offerts conduit les parties – actionnaires, émetteur et banques du syndicat – à fixer le nombre de titres placés dans le marché à un pourcentage du capital généralement situé entre 30 %...

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