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Les directions juridiques tirent les leçons de la crise

Lettre Option&Affaires - 22 Juillet 2020 - Coralie Bach

«La crise du Covid-19 a redonné à la direction juridique le rôle qu’elle devrait avoir en permanence : être sollicitée très en amont afin d’être en mesure d’anticiper, de faciliter la prise de décision business et non seulement de réagir», résume Jérôme Rusak, associé chez Day One.

Le cabinet de conseil dédié aux métiers du juridique et de la compliance vient de publier une étude sur l’impact de la crise sur les directions juridiques. Celle-ci a été réalisée sur la base d’entretiens de 50 directeurs juridiques ou secrétaires généraux de grandes entreprises et ETI sur la période du 22 mai au 20 juillet 2020. 

Selon cette dernière, 67 % des directeurs juridiques interrogés ont été membres de la cellule de gestion de crise de leur entreprise, et 89 % estiment que leur rôle a été renforcé à l’issue de la crise. Parmi les sujets sur lesquelles les juristes ont été le plus sollicités figurent l’analyse des engagements contractuels et de la force majeure, la veille juridique sur les nouveaux textes et obligations sanitaires mais également le droit social et le chômage partiel, un champ généralement plutôt géré par les ressources humaines. A la suite de ces mois particuliers, 42 % des  directeurs juridiques anticipent ainsi une évolution de leurs missions. «Les directions juridiques ont effectivement été amenées à traiter des sujets qu’elles traitaient peu ou pas dans le passé, souligne Jérôme Rusak. Elles les poursuivent aujourd’hui en finalisant les dossiers initiés. A plus long terme, le positionnement des directions juridiques pourra évoluer vers un rôle encore plus marqué de risk manager.»

L’autre enseignement de la crise porte bien évidemment sur l’importance du digital, le confinement et l’obligation de poursuivre les missions à distance ayant fini de convaincre les réfractaires de la nécessité de mettre en place les bons outils. Ils sont ainsi 88% à penser que la crise va accélérer la digitalisation de leur service. La mise en place ou le développement de la signature électronique apparaît comme le chantier prioritaire. Si plus de la moitié des directions juridiques l’ont utilisée pendant le confinement, 30 % des personnes interrogées ont regretté l’absence de cet outil. L’autre axe d’investissement en matière de digital devrait porter sur les outils de gestion contractuelle afin de faciliter toutes les étapes, de l’identification d’une opportunité à la rédaction du contrat et l’archivage.

Enfin, si la fonction juridique a prouvé son importance, elle devra, à l’instar des autres services, évoluer avec un budget contraint. Les recrutements devraient ainsi être assez limités, tandis que le budget consacré aux cabinets d’avocats devrait également rester stable.