La lettre d'Option Droit & Affaires

gouvernance

Peut-on parler d’activisme dans les assemblées générales en France ? Le pouls des AG est faible, mais il bat !

Lettre Option Droit & Affaires - 31 mai 2017 - Viviane de Beaufort

A l’aune du nombre d’actionnaires individuels en baisse (8,5 % de la capitalisation boursière), du taux d’actionnaires présents dans les AG du CAC 40 qui a baissé de 11,5 % (2012-2016), des taux d’approbation staliniens des résolutions, on pourrait croire que les AG, en France, continuent d’être des chambres d’enregistrement.

Par Viviane de Beaufort, professeure à l’Essec BS, directrice du Centre européen en droit et économie

Toutefois, dans les travaux que nous menons depuis deux ans au CEDE–ESSEC, auxquels ont collaboré Max Boire, Nampoina Razafindratsita, Caroline Riesco et Mahamadou Niakate, aidés des statistiques du Grand Prix des AG intégré dans l’Institut du capitalisme responsable et d’éléments de Proxinvest, nous notons l’émergence de signaux faibles attestant de bouleversements des équilibres de gouvernance entre la direction, le conseil d’administration (CS) et l’assemblée générale.

Différentes formes d’activisme

Usant des dispositifs légaux à leur disposition, les actionnaires minoritaires peuvent parfois gagner un pouvoir indirect disproportionné aux titres qu’ils possèdent. L’engagement de ces actionnaires (shareholder activism) connaît une montée en puissance en France. Ces activistes n’ont ni les mêmes postures, ni les mêmes objectifs, ni les mêmes méthodes tout en ayant la possibilité selon les circonstances de faire des alliances stratégiques.

En parodiant un célèbre western, évoquons trois catégories principales d’activistes ou d’acteurs engagés – l’exercice de qualification est loin d’être une nuance.

L’investisseur institutionnel : «le bon». Avec une vision de long terme, l’investisseur institutionnel cherche à corriger ce qui constitue des défaillances de l’entreprise. Le moteur de cet activiste est d’assurer une meilleure qualité de gouvernance pour permettre une stratégie pérenne de la société. Sensible aux enjeux éthiques, il est sur les rangs désormais en matière d’exigences RSE. La négociation se fait sans sortir le revolver de l’étui : il privilégie un contact direct et travaille pour obtenir des changements à travers la discussion (the voice). Mais il peut...

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