Communauté financière

Interview - Nicolas Vinci, responsable du développement des publics de Citéco

«Avec Citéco, l’idée était d’ouvrir un musée qui vulgarise l’économie.»

Option Finance - 24 juin 2019 - Propos recueillis par Anaïs Trebaul

Economie

Nicolas Vinci, responsable du développement des publics de Citéco
Citéco

Le premier musée de France dédié à l’économie – Citéco – a ouvert ses portes le 14 juin dernier. Comment l’idée de lancer un tel musée a-t-elle émergé ?
En 2009, l’étude PISA sur les acquis des élèves des pays de l’OCDE a mis en avant le retard de la France en matière de culture économique. Et pour cause : dans l’Hexagone, à l’école, l’économie ne peut s’apprendre qu’à partir de la seconde générale. Les élèves effectuant un cursus professionnel n’ont aucun cours à ce sujet. Partant de ce constat, le gouvernement a alors confié à la Banque de France une mission d’éducation économique et financière.
Il se trouve que, en parallèle, le gouverneur de cette dernière, Christian Noyer, avait visité, lors d’un voyage à Mexico, le premier musée au monde consacré à l’économie. L’idée d’ouvrir un musée qui vulgariserait l’économie a alors émergé. A cette époque, la Banque de France cherchait pour son ancienne succursale située près du parc Monceau à Paris, l’hôtel Gaillard, fermé depuis 2006, une nouvelle utilité. Ainsi, en 2009, l’institution a décidé de lancer un musée au sein de ce bâtiment historique de 2 500 mètres carrés, et est devenue mécène du projet. Le musée est désormais exploité par l’association Citéco.

Qu’apprend-on à Citéco ?
Ce musée présente une introduction à l’économie, sous la forme de jeux et de manipulations mécaniques. Il est décomposé en six sections : les échanges économiques (par exemple, comment sommes-nous passés du troc à la monnaie à travers les âges et les continents ?) les acteurs (quelles sont les spécificités de chacun ?), les marchés (comment sont-ils organisés ?), l’instabilité (comment les crises se forment-elles ?), la régulation (comment les institutions régulent-elles l’économie ?) et les trésors (comment l’argent est-il conçu ?). Par ailleurs, nous exposons les différents courants de pensée économique, sans émettre d’avis sur aucun d’entre eux. L’idée est que les visiteurs obtiennent un éclairage sur le sujet et qu’ils se forgent leur propre opinion.
Bien que nous ciblions les 15-35 ans, le musée s’adresse à différents profils : les novices en économie, ceux qui ont besoin de quelques approfondissements, etc. Lors de l’ouverture du musée, de nombreux banquiers étaient même présents ! En effet, chacun peut choisir son parcours en fonction des sujets qui l’intéressent. Faire tous les jeux, lire toutes les sections, prendrait plus de onze heures, soit une durée supérieure à la plage d’ouverture journalière du musée !

Quelles thématiques intéressent plus particulièrement les visiteurs ?
Les Français ont une réelle envie de comprendre l’économie dans son ensemble. De 2013 à 2015, une première exposition sur les sujets économiques, nommée «Krach, boom, mue» s’était tenue à Paris et à Marseille, et avait remporté un franc succès, avec plus de 100 000 visiteurs.
Néanmoins, nous avons constaté que certains sujets suscitent plus particulièrement l’intérêt. L’effet de l’offre et de la demande sur les prix et le fonctionnement des crises systémiques sont deux thématiques qui intéressent de nombreux visiteurs. Nous avons d’ailleurs créé à cet effet un jeu de dominos.

Des sujets financiers sont-ils également abordés ?
Certains ateliers sont davantage orientés sur le fonctionnement des entreprises. Par exemple, les visiteurs peuvent équilibrer un compte de résultat d’une entreprise par le biais de pavés à scanner. Ils peuvent également se mettre à la place d’un dirigeant d’entreprise, qui doit gagner des parts de marché, en maîtrisant ses coûts ou en innovant.

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