Communauté financière

Interview - Yves Mersch, membre du directoire de la Banque centrale européenne

«Le rachat de Visa Europe ne remet pas en cause les principes fixés par la BCE en matière de paiements»

Option Finance - 8 février 2016 - Arnaud Lefebvre

BCE, Cash management, Moyens de paiements

Visa Inc. devrait boucler le rachat de Visa Europe au cours du troisième trimestre 2016, pour un montant maximal de 21,2 milliards d’euros. Alors que des spécialistes s’inquiètent de cette disparition d’un acteur européen des moyens de paiements, Yves Mersch, membre du directoire de la Banque centrale européenne, considère que les conséquences resteront limitées pour les entreprises et les consommateurs.

Yves Mersch, membre du directoire de la Banque centrale européenne
Banque centrale européenne

Il y a quelques années, la création d’un spécialiste dans le domaine des cartes bancaires avait été envisagée en Europe, dans le cadre du projet Monnet (voir encadré). Mais le projet n’avait pas abouti. L’acquisition d’un acteur européen évoluant dans un secteur stratégique comme celui des paiements par un groupe américain préoccupe-t-elle la BCE ?

Yves Mersch, membre du directoire de la Banque centrale européenne : Ce qui compte avant tout pour la BCE, qui supervise les modes et les systèmes de paiement européens, c’est que l’intérêt de l’usager soit préservé. Le service offert doit être sécurisé, efficace, innovant tout en restant abordable, en termes de tarifs. Le changement de propriétaire, quel que soit son passeport, n’est pas de notre ressort. Il relève des autorités de régulation du secteur et des autorités de la concurrence européennes. Ce n’est donc pas à la BCE de se prononcer sur le bien-fondé d’une offre d’achat dans le secteur. Mais il appartient à la BCE de veiller à la continuité du service de paiement fourni.

Dans ce contexte, la perspective de voir resurgir une initiative comparable au projet Monnet s’éloigne-t-elle définitivement ?

Avant tout, l’émergence d’un acteur européen ne relève pas des prérogatives du secteur public, y compris de la BCE, mais exclusivement du secteur privé. Pour y parvenir, il faudrait d’abord que plusieurs acteurs, en particulier parmi les banques commerciales, se regroupent. Le succès d’une telle initiative serait ensuite conditionné à la capacité de ces dernières d’offrir un service aussi compétitif, voire plus compétitif que ceux existant aujourd’hui. En...

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