Communauté financière

Bilan

Les 50 qui ont fait l'actualité en 2016 : Entreprises

Option Finance - 2 janvier 2017 - La rédaction d'Option Finance

Air Liquide – Fabienne Lecorvaisier lance la plus grande augmentation de capital depuis 2014

Fabienne Lecorvaisier, Air Liquide
Air Liquide

Pour Fabienne Lecorvaisier, directrice financière d’Air liquide, l’année 2016 aura été largement consacrée au refinancement de l’acquisition du groupe américain Airgas, annoncée dès fin 2015 pour un montant de 13,4 milliards de dollars. Afin de rembourser le prêt-relais mis en place à cette occasion, la société a commencé en juin par lever 3 milliards d’euros, obtenant au passage les coupons les plus faibles jamais accordés à une société non financière notée A-. En septembre, Fabienne Lecorvaisier a ensuite lancé deux chantiers de front : une émission obligataire inaugurale aux Etats-Unis de 4,5 milliards de dollars, sursouscrite plus de cinq fois, ainsi qu’une augmentation de capital de 3,3 milliards d’euros… la première pour le groupe depuis trente ans ! Plus grande levée de fonds propres sur la place de Paris depuis celle de Numericable fin 2014, l’opération a été réalisée avec une décote du prix des nouveaux titres limitée, 18,66 %. Du jamais vu en neuf ans pour une augmentation de capital d’un montant supérieur à 1 milliard d’euros. Ces modalités attractives n’ont toutefois pas dissuadé les investisseurs de prendre part à l’émission, le taux de participation ayant avoisiné 200 %.

A.L.

Altice - Patrick Drahi crée la polémique avec SFR

Patrick Drahi, Altice
Altice

La décision de l’AMF de rejeter, en octobre dernier, l’offre publique d’échange (OPE) d’Altice lancée sur SFR n’est pas passée inaperçue. Un tel rejet est, il est vrai, exceptionnel : il s’agit seulement du quatrième en dix ans. Pour rendre sa décision, l’autorité s’est appuyée sur les mêmes arguments qui l’avaient conduite en 2015 à rejeter l’OPE de Prologue sur O2i, à savoir un manque d’informations relatives à l’offre. L’actionnaire majoritaire d’Altice, Patrick Drahi, qui comptait racheter le solde de capital de l’opérateur, a immédiatement réagi en dénonçant une décision contraire à la jurisprudence. Le groupe ayant fait appel de la décision, la cour a désormais jusqu’en mars pour trancher.

G.C.

Danone - Cécile Cabanis place le plus gros ticket français sur le marché obligataire

Cécile Cabanis, Danone
Danone

Danone a fait les choses en grand en 2016. En achetant la société américaine Whitewave pour environ 12,5 milliards de dollars, le groupe agroalimentaire a d’abord bouclé sa plus grosse acquisition depuis 2007 (rachat de l’entreprise hollandaise Numico) et la deuxième plus importante de l’année en France, derrière l’échange d’actifs entre Sanofi et Boehringer. Ensuite, l’opération lui permet de doubler de taille aux Etats-Unis, un de ses marchés stratégiques. Enfin, son refinancement, piloté par Cécile Cabanis, directrice générale finances, a fait l’objet d’une émission remarquée. En sus d’une levée de fonds en dollars, Danone a en effet émis 6,2 milliards sur le marché euro, réalisant ainsi la plus grosse opération jamais menée par un corporate français sur le segment investment grade. Le précédent record, détenu par France Télécom (devenu Orange) avec un placement de 5,5 milliards d’euros, datait de janvier 2003 ! En outre, les livres ont totalisé 22 milliards d’euros d’ordres, un des niveaux les plus élevés de 2016.

A.L.

Deloitte France - Vincent Batlle exporte le cadre comptable et juridique français sur le marché de l’USPP

Vincent Batlle, Deloitte France
Deloitte France

Pour l’émission de son premier placement privé américain (USPP), Deloitte France a frappé fort. Alors que l’accès à ce produit est historiquement réservé aux entreprises publiant leurs comptes en normes soit IFRS, soit US GAAP, Vincent Batlle, associé responsable finances de l’entité française du cabinet de conseil et d’audit, est parvenu à lever 40 millions d’euros sur la base d’états financiers présentés exclusivement en French GAAP. Une première pour un USPP, doublée d’une seconde prouesse : la documentation juridique de l’emprunt n’est pas régie par le droit américain, comme c’est le cas traditionnellement, mais par le droit français. De quoi ouvrir des perspectives pour les ETI hexagonales, certains investisseurs actifs sur le marché de l’USPP se déclarant prêts à accepter des concessions dans un contexte où le placement privé américain pâtit de la concurrence de ses pendants européens, l’Euro-PP et le Schuldschein.

A.L.

EDF - Thomas Piquemal quitte la direction financière avec fracas

Thomas Piquemal, EDF
EDF

Le départ, en mars dernier, de Thomas Piquemal de la direction financière d’EDF a fait du bruit. Arrivé en 2010 chez l’électricien dans le sillage du nouveau président de l’époque, Henri Proglio, cet ancien banquier de Lazard était, contre toute attente, resté en poste après la nomination de Jean-Bernard Lévy à la tête du groupe en octobre 2014. Mais le projet de construction des EPR britanniques d’Hinkley Point a vite posé problème. Estimant que, en raison de la dégradation de l’environnement, le modèle économique de ce projet était devenu intenable pour le groupe français, le directeur fi nancier a plaidé en vain pour son report, sans parvenir ensuite à trouver un financement satisfaisant. Jugeant, comme il l’expliquera plus tard lors d’une audition devant les députés, que les risques encourus par le groupe pouvaient le mener à une situation proche de celle d’Areva, il a préféré jeter l’éponge. Un mois plus tard, l’Etat fi nissait par valider le principe d’une augmentation de capital, une des solutions que Thomas Piquemal avait préconisées pour renforcer EDF. Depuis mai, ce dernier est responsable des fusions et acquisitions au niveau mondial de Deutsche Bank, et président de la banque d’investissement en France.

V.N.

Eurosic - Yan Perchet met la main sur Foncière de Paris avec une offre financièrement moins-disante

Yan Perchet, président-directeur général d’Eurosic

Après une bataille de plus de quatre mois, Yan Perchet,président-directeur général d'Eurosic, a remporté fi n septembre le duel qui l'opposait à Gecina pour la prise de contrôle de Foncière de Paris. Après avoir formulé une offre publique d'achat en mars, Eurosic avait vu son concurrent proposer, en mai, une contre-offre plus intéressante sur le plan financier de l'ordre d'environ 10 %. Ce différentiel n'a toutefois pas empêché Yan Perchet de convaincre les actionnaires de Foncière de Paris, séduits par le portefeuille d'actifs d'Eurosic tourné aussi bien vers l'immobilier de bureaux que l'immobilier de loisirs, de santé et d'hôtellerie. Il est vrai que certains de ces actionnaires (Covéa et ACM Vie) figuraient aussi au capital d'Eurosic. De quoi créer un conflit d'intérêts portant préjudice aux petits porteurs, selon l'Association de défense des actionnaires minoritaires, quia déposé, l'été, un recours devant la Cour d'appel de Paris. Le verdict est attendu courant janvier.

A.L.

Fiducial - Christian Latouche marie expertise comptable et services juridiques

Christian Latouche, Fiducial
Fiducial

Alors que la loi Macron a introduit en 2015 un nouveau statut visant à favoriser la création de sociétés ayant pour objet l’exercice en commun de plusieurs professions juridiques et comptables (avocat, commissaire-priseur judiciaire, huissier de justice, notaire, administrateur judiciaire, mandataire judiciaire et expert-comptable), Christian Latouche a su anticiper ce mouvement. Le président-directeur général de Fiducial a en effet bouclé en juin dernier le rapprochement de son groupe, positionné dans les métiers de l’audit, de l’expertise comptable et du droit (1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2015), avec le cabinet d’avocats Lamy & Associés (plus de 5 000 clients). Il peut ainsi désormais offrir aux entreprises une palette de services et de prestations aussi complète que celle jusqu’alors proposée par les seuls membres des Big Four de l’audit. De quoi susciter des réflexions chez ses confrères.

A.L.

Fnac - Alexandre Bompard remporte Darty de haute lutte

Alexandre Bompard, Fnac
Fnac

Afin d’acquérir Darty, une cible jugée stratégique pour pouvoir rivaliser avec Amazon, Alexandre Bompard a su faire preuve d’obstination. Sept mois auront en effet été nécessaires au président-directeur général du Groupe Fnac pour obtenir l’accord des actionnaires de référence (Schroder Investment Management, Knight Vinke…) de l’enseigne, sous pavillon britannique depuis 1994 à la suite de son rachat par Kingfisher ! Après avoir déposé en septembre 2015 une offre publique d’achat, la Fnac a dû faire face à la concurrence acharnée de Steinhoff, la maison mère sud-africaine de Conforama, elle aussi intéressée par Darty. Entre mars et fin avril, six surenchères sont ainsi effectuées, dont trois durant la seule journée du 21 avril ! Revenant à la charge une ultime fois le 25 avril, la Fnac est enfin parvenue à décourager Steinhoff et à convaincre les actionnaires de Darty. Pour y parvenir, il lui aura toutefois fallu débourser près de 1,2 milliard d’euros, soit environ 500 millions de plus que la première offre formulée quelques mois plus tôt.

A.L

Lending Club - Renaud Laplanche fait vaciller le crowdfunding

Jusqu’au printemps dernier, Renaud Laplanche, le fondateur de Lending Club, était cité comme un exemple à suivre et surtout de réussite dans le crowdfunding outre-Atlantique. En moins de dix ans, il était en effet parvenu à imposer sa société comme le leader américain du crowdlending – 22 milliards de dollars de prêts octroyés à des particuliers –, et même à l’introduire en Bourse en décembre 2014 sur la base d’une valorisation de 5,4 milliards de dollars. Mais contre toute attente, son conseil d’administration l’a désavoué en mai dernier, à la suite de la révélation de plusieurs irrégularités dans la vente de prêts et dans la gouvernance.
Si l’affaire a dans un premier temps suscité des inquiétudes auprès des investisseurs, il semblerait que depuis Lending Club a su regagner leur confiance. Bien que toujours en pertes au troisième trimestre 2016 et désormais seulement capitalisée à hauteur de 2,10 milliards de dollars, la société a obtenu un engagement d’investissements sur sa plateforme de 1,3 milliard de la Banque nationale du Canada. De son côté, Renaud Laplanche fait également le pari de convaincre à nouveau des investisseurs, car il devrait lancer une nouvelle plateforme de prêts, baptisée Credify Finance, courant 2017 aux Etats-Unis. 

A.S.

Mediawan - Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse cotent le premier SPAC

Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, Mediawan
Mediawan

C’est une société d’un genre nouveau qu’a accueilli Euronext le 22 avril dernier. A cette date, Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse ont introduit sur le compartiment professionnel de la Bourse de Paris le premier special purpose acquisition company (SPAC) de France, Mediawan, c’est-à-dire un véhicule d’investissement exclusivement dédié à des opérations d’acquisitions. Ayant levé 250 millions d’euros à cette occasion, ce dernier recherche actuellement des opportunités de placement au sein des sociétés européennes de médias «traditionnels» et digitaux ou de divertissement. Des investissements qu’il lui faudra réaliser avant avril 2018, le cadre juridique de ce type de véhicules précisant que si aucune acquisition n’est réalisée durant une période prédéfinie, en l’occurrence 24 mois, le SPAC doit être dissous et les fonds levés intégralement reversés aux investisseurs.

G.C.

OVH - Nicolas Boyer boucle le plus important tour de table minoritaire en France

Nicolas Boyer, OVH
OVH

Double première pour OVH ! La société spécialisée dans l’hébergement de données, jusqu’alors détenue par la famille de ses fondateurs et qui a réalisé 320 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015-2016, a ouvert en octobre dernier son capital à deux fonds de private equity américains, KKR et TowerBrook. En récoltant 250 millions d’euros à cette occasion, soit environ 20 % de sa valorisation, OVH a en outre bouclé la plus importante prise de participation minoritaire jamais réalisée au sein d’une entreprise française. Des fonds que son directeur financier, Nicolas Boyer, compte notamment utiliser pour financer un programme d’investissement de 1,5 milliard d’euros d’ici à 2020, qui comprend, entre autres, la construction de nouveaux serveurs.

G.C.

PSA Peugeot Citroën - Jean-Baptiste de Chatillon remporte le trophée du directeur financier de l’année

Jean-Baptiste de Chatillon, PSA Peugeot Citroën
PSA Peugeot Citroën

Décerné en décembre dernier lors de la clôture de Financium par la DFCG, ACIES Consulting Group, Hudson, PwC, et en partenariat avec Option Finance, le trophée du directeur financier de l’année 2016 est revenu à Jean-Baptiste de Chatillon. Directeur financier de PSA Peugeot Citroën depuis 2012, ce dernier a été récompensé pour avoir participé activement au redressement du constructeur automobile, redevenu rentable en 2014, après trois années de pertes. Alors que le cours boursier du groupe avait chuté de près de 80 % entre mi-2007 et fin 2011, il a notamment bouclé une augmentation de capital de 3,8 milliards d’euros (à l’issue de laquelle le chinois Dongfeng et l’Etat français sont devenus actionnaires), mis en place un programme d’économies de 1,5 milliard d’euros et procédé à plusieurs cessions d’actifs non stratégiques.

G.C.

Renault - Le salaire de Carlos Ghosn entraîne un durcissement du «say on pay»

Carlos Ghosn, Renault
Renault

Le 29 avril dernier, Carlos Ghosn est devenu le premier dirigeant du CAC 40 à voir sa rémunération rejetée en assemblée générale, par 54,12 % des actionnaires de Renault, dans le cadre du dispositif «say on pay», instauré en 2014 au sein des entreprises cotées qui se réfèrent au code Afep-Medef. Pour autant, le conseil d’administration du groupe a choisi le jour même de maintenir le versement intégral du salaire de son président-directeur général, soit 7,251 millions d’euros. Une décision qui a suscité une vague de protestations et qui a incité le gouvernement à légiférer sur ce sujet, dans le cadre des discussions sur la loi dite «Sapin 2». Ainsi et malgré la décision des administrateurs de Renault, rendue publique le 27 juillet 2016, de finalement réduire de 20 % la part vaiable de la rémunération de Carlos Ghosn, la version finale de cette loi, publiée au Journal officiel en décembre dernier, va permettre dès cette année aux actionnaires des entreprises cotées de voter de manière contraignante sur la politique de rémunération des groupes pour l’exercice à venir.

G.C.

Reworld Media - Pascal Chevalier contracte le premier emprunt «participatif» pour une entreprise cotée

Pascal Chevalier, Reworld Media
Reworld Media

Le crowdfunding n’intéresse pas seulement les start-up et les PME non cotées. En 2015, le promoteur immobilier Capelli, présent sur Alternext, avait recouru à ce mode de financement, une pratique courante dans ce secteur. En avril dernier, Reworld Media (60,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015) est pour sa part devenue la première entreprise française cotée non spécialisée dans l’immobilier à lever des fonds par ce biais. Afin de financer en partie une acquisition en Suède, Pascal Chevalier, le président du groupe introduit sur Alternext en 2014 et spécialisé dans les médias et le digital, a récolté 1 million d’euros auprès de particuliers et d’investisseurs professionnels sur la plateforme Lendix, sous la forme d’un prêt à 60 mois assorti d’un coupon de 5 %. 

G.C.

Safran - Bernard Delpit obtient un taux record pour son Oceane

Bernard Delpit, Safran
Safran

Bénéficiant de la baisse des taux provoquée par les mesures non conventionnelles mises en œuvre par la Banque centrale européenne, en particulier le programme de rachat d’actifs (QE), plusieurs émetteurs français ont procédé en 2016 à des émissions d’obligations convertibles assorties d’un rendement négatif. Premier en Europe à avoir lancé une opération de financement sur les marchés début janvier, Bernard Delpit, directeur financier groupe de Safran, est parvenu à placer 650 millions d’euros d’obligations à option de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles et/ou existantes (Oceane) rémunérant les investisseurs à hauteur de… – 0,78 % ! Jamais aucun corporate, quelle que soit sa nationalité, n’avait obtenu de telles conditions sur le marché des obligations convertibles libellées en euro. Datant de juin 2015, le précédent record était détenu par Airbus (– 0,28 %).

A.L.

Sanofi - Jérôme Contamine fait date sur le marché obligataire primaire

Jérôme Contamine, Sanofi
Sanofi

Avec ses émissions réalisées en 2016, Sanofi devrait devenir une référence sur le marché obligataire en euro. En mars, le groupe pharmaceutique était déjà parvenu à émettre 500 millions d’euros sur trois ans, au taux de 0 %. Jusqu’alors, aucune autre entreprise internationale n’avait bénéficié d’un coupon nul sur une telle durée dans cette devise. Six mois plus tard, Jérôme Contamine, le directeur financier de la société, a obtenu encore mieux en profitant d’une fenêtre de marché exceptionnelle qui lui a permis de lancer une nouvelle émission de 1 milliard d’euros à échéance janvier 2020. Grâce à la combinaison d’un taux mid-swap à trois ans ayant touché son plancher historique, à – 0,20 %, et d’un spread en recul grâce aux rachats d’actifs menés par la Banque centrale européenne, il a ainsi obtenu un rendement de – 0,05 %. C’est la première fois qu’un corporate – le groupe allemand Henkel a également emprunté à ce taux le jour même – parvenait, sur le marché obligataire, à se faire payer pour emprunter ! Une situation inédite et vouée à le rester, la remontée des taux de marché initiée depuis le quatrième trimestre 2016 rendant une nouvelle émission à rendement négatif quasi impossible.

A.L.

Seb - Vincent Léonard donne naissance aux Ornae

Vincent Léonard, Seb
Seb

Afin de refinancer l’acquisition de la société allemande WMF pour plus de 1,6 milliard d’euros, soit le montant le plus élevé jamais dépensé par Seb pour une opération de croissance externe, Vincent Léonard a innové à double titre. Outre l’augmentation de la taille de son programme de NEU CP (ex-billets de trésorerie) et le placement d’un nouveau placement privé en Allemagne (Schuldschein), le directeur général adjoint en charge des finances du groupe a eu recours pour la première fois dans l’histoire de l’entreprise à des obligations convertibles. Surtout, le spécialiste des produits de petit électroménager a utilisé un outil inédit : des obligations à option de remboursement en numéraire et/ou en actions existantes, dites Ornae. A la différence des Ornane, ce produit ne peut donner accès aux investisseurs qu’à des actions existantes, ce qui évite toute dilution. Grâce à cette caractéristique, des Ornae peuvent, conformément à une ordonnance du 31 juillet 2014, être émises sans l’accord des actionnaires de l’émetteur, limitant ainsi les contraintes juridiques d’une telle opération.

A.L.

Sigfox - Olivier Martineau boucle le plus important tour de table de la French Tech en 2016

Olivier Martineau, Sigfox
Sigfox

Après avoir levé 100 millions d’euros début 2015, Sigfox a bouclé en novembre dernier la plus importante augmentation de capital de l’année parmi les start-up de la French Tech. Pour accélérer son développement à l’international, la société toulousaine spécialisée dans les réseaux pour objets connectés a levé 150 millions d’euros sous la forme d’un placement privé. Comme lors du précédent tour de table de l’entreprise, son directeur administratif et financier, Olivier Martineau, a choisi de faire entrer au capital, aux côtés de fonds de private equity, plusieurs corporates internationaux (Total, l’éditeur de logiciels américain Salesforce, l’entreprise industrielle saoudienne Tamer Group, etc.). Une démarche qui doit permettre à Sigfox de s’appuyer sur la présence de ces derniers sur certains marchés (Afrique, Asie, Etats-Unis…) pour y favoriser son développement commercial. En termes de financement, la prochaine opération majeure envisagée par le groupe devrait concerner son introduction en Bourse, qui pourrait se tenir d’ici environ deux ans.

G.C.

Talend Thomas - Tuchscherer séduit les investisseurs américains

Directeur financier et vice-président corporate development de Talend

En 2016, une seule société française s’est introduite en bourse aux Etats-Unis : Talend. Elle a ainsi rejoint Criteo, DBV Technologies et Advanced Accelerator Applications aux côtés des rares entreprises françaises cotées outre-Atlantique. La société de logiciels informatiques, créée il y a 11 ans et qui a réalisé 76 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2015, a levé en juillet dernier environ 100 millions de dollars à l’occasion de sa cotation sur le Nasdaq. Un montant supérieur à la fourchette de 80 à 85 millions de dollars que visait initialement son directeur financier et vice-président corporate development, Thomas Tuchscherer, et qui doit notamment lui permettre de réaliser des opérations de croissance externe. Introduite à la Bourse new-yorkaise au prix de 18 dollars par action, son cours boursier a depuis progressé de plus de 20 % et s’établissait en fin d’année dernière aux alentours de 22 dollars, valorisant la société environ 620 millions de dollars.

G.C.

Technip - Thierry Pilenko fusionne avec l’américain FMC Technologies

Thierry Pilenko, Technip
Technip

Président-directeur général de Technip, Thierry Pilenko a écrit en 2016 une nouvelle page de l’histoire du groupe parapétrolier. Affectée comme l’ensemble des acteurs du secteur par la chute quasi continue depuis mi-2014 des prix du pétrole, tombés en janvier 2016 sous la barre des 40 dollars, soit un point bas de douze ans pour le Brent, l’entreprise a annoncé en mai dernier son rapprochement avec le fournisseur américain de technologies et de services au secteur pétrolier et gazier FMC Technologies. Structurée sous la forme d’une fusion par apport de titres, cette opération doit permettre aux actionnaires des deux entités de détenir environ 50 % du nouvel ensemble. Alors même que Technip affiche un chiffre d’affaires et un résultat opérationnel sensiblement supérieurs, cette parité s’explique par la valorisation plus élevée de FMC Technologies, justifiée notamment par l’existence de revenus plus récurrents. Censée être finalisée début 2017, cette transaction a été bien accueillie par les marchés, comme l’illustre l’évolution du cours boursier de Technip. En progression de près de 50 %, celui-ci affichait à mi-décembre la seconde meilleure performance du CAC 40 en 2016, juste derrière ArcelorMittal. Point noir pour la France : le siège du nouvel ensemble sera implanté au Royaume-Uni.

A.L.

Veolia Environnement - Philippe Capron émet les premières obligations en Chine continentale

Philippe Capron, Veolia Environnement
Veolia Environnement

Figurant déjà parmi les premiers groupes français à avoir réalisé une émission obligataire en renminbis sur le marché hongkongais en 2012, Veolia Environnement a franchi en 2016 une nouvelle étape. Sous l’impulsion de son directeur général adjoint en charge des finances, Philippe Capron, la société a en effet émis le premier «Panda bond» hexagonal, un qualificatif désignant des obligations placées sur le marché de Chine continentale. Jusqu’alors, le seul corporate international à avoir fait de même était le constructeur automobile allemand Daimler. Ayant nécessité près de neuf mois de préparation pour les équipes financières, tenues notamment de solliciter une notation de la part d’une agence de rating chinoise et de rédiger un programme d’émissions ad hoc validé par le régulateur local, cette opération permet aujourd’hui à Veolia Environnement, pour qui la Chine représente déjà l’un des trois principaux pays en termes de capitaux investis, d’avoir un accès au marché du renminbi le plus profond de la planète. 

A.L.

Viadeo - Renier Lemmens ne parvient pas à redresser la barre

Renier Lemmens, Viadeo
Viadeo

Figurant parmi les start-up françaises les plus prometteuses de l’économie numérique au milieu des années 2000, Viadeo a finalement connu un destin funeste... Largement distancé au fil des années par son principal concurrent, l’américain LinkedIn, le réseau social professionnel, créé en 2004 et non rentable, a vu son cofondateur et président-directeur général Dan Serfaty démissionner en début d’année dernière et être remplacé par l’ancien responsable de PayPal Europe, le néerlandais Renier Lemmens. Après avoir présenté au printemps un nouveau plan stratégique pour faire renouer la société avec la croissance, il n’aura toutefois pas eu le temps de déployer pleinement celui-ci : les lourdes pertes du groupe (23,3 millions d’euros en 2015, soit la quasi-totalité de ses 24,3 millions d’euros de chiffre d’affaires), ainsi que la chute de près de 95  % de son cours de Bourse, à 99 centimes, depuis son introduction sur Euronext en 2014 ont conduit mi-novembre Viadeo à suspendre sa cotation. Quelques jours plus tard, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire… Depuis, le management mène des discussions avec des investisseurs susceptibles de racheter une partie des actifs de l’ex-star de l’Internet français.

G.C.

Vivendi - Vincent Bolloré relance les OPA hostiles

Vincent Bolloré, Vivendi
Vivendi

Pour la première fois depuis le rachat de Leguide.com par Lagardère en 2012, une offre publique d’achat (OPA) hostile a été lancée en France l’an dernier. Après être progressivement monté depuis l’automne 2015 au capital de la société de jeux vidéo pour supports mobiles Gameloft par le biais d’achats d’actions sur les marchés, jusqu’à en détenir un peu plus de 30 %, Vivendi a lancé fin février 2016 une offre de rachat. En dépit de la ferme opposition du fondateur Michel Guillemot, et de sa famille, le président du conseil de surveillance du groupe de communication et de divertissement, Vincent Bolloré, est parvenu à boucler cette opération fin mai, à un prix de 8 euros par action, soit près de deux fois le cours de Gameloft avant le lancement de l’OPA. Après avoir acquis la société, valorisée à mi-décembre dernier environ 680 millions d’euros, Vivendi s’intéresse également à une autre entreprise de jeux vidéo créée par la famille Guillemot, Ubisoft (3,63 milliards d’euros de capitalisation boursière). Le 7 décembre dernier, le groupe dirigé par le Breton a en effet indiqué détenir 25,15 % du capital de cette dernière, soit plus du double qu’un an plus tôt… Une semaine plus tard, il annonçait avoir pris par ailleurs 20 % du groupe de médias italien Mediaset.

G.C.

Découvrez les 50 personnalités de l'année

Cliquez pour découvrir le détail

Entreprises

Asset Management

Banques

Institutions et Associations

Avocats

Société financière

Private Equity