Communauté financière

Interview - Eric Forest, président-directeur général d’EnterNext

«Nous voulons donner aux entreprises familiales les clés d’accès aux marchés financiers»

Option Finance - 15 mai 2017 - Propos recueillis par Valérie Nau

EnterNext

Eric Forest, président-directeur général, EnterNext
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En janvier dernier, Euronext a annoncé plusieurs initiatives à destination des sociétés familiales. Quel est votre objectif ?

Aucun indice dédié aux entreprises familiales n’existait en Europe jusqu’à présent, alors qu’environ 50 % du PIB européen provient de ces sociétés, et qu’elles représentent plus de 80 % des entreprises françaises. Parmi elles, 230 sont cotées sur les marchés d’Euronext. De plus, la stratégie des entreprises familiales est axée sur le long terme, et la gestion de leur patrimoine est plus prudente, ce qui rassure les investisseurs. Néanmoins, elles sont nombreuses à ne pas être cotées en Bourse, alors que leurs caractéristiques le permettraient. En effet, elles y trouveraient de nouveaux moyens pour financer leur croissance, ainsi que des réponses à leurs problématiques de transmission. Nous avons donc lancé deux initiatives, à savoir un indice composé uniquement d’entreprises familiales cotées et un programme d’accompagnement à destination de celles qui ne se financent pas encore sur les marchés.


Le lancement de l’indice «Euronext Family Business» a eu lieu le 21 février. Quels constats tirez-vous de ces trois premiers mois ?

Cet indice est composé de 90 sociétés cotées sur les quatre pays couverts par Euronext. Elles correspondent aux 30 premières capitalisations sur les compartiments A, B, C et Alternext, après application d’un filtre de liquidé (80 % des valeurs les plus liquides) sur chaque compartiment d’Euronext (A, B, C et Alternext). Depuis son lancement en février dernier, l’indice a progressé de 8,3 %. Sa performance sur un an est également excellente et atteint 22 %. A plus long terme, nous espérons que ces entreprises familiales soient plus visibles auprès des investisseurs, cet indice facilitant leur suivi et permettant aux investisseurs de les identifier plus facilement.
 

La sélection des entreprises non cotées qui bénéficieront de votre programme d’accompagnement «family share» s’achève. Comment ce suivi va-t-il se dérouler ?

Les entreprises familiales ne sont généralement pas familières des marchés boursiers et sont souvent en demande d’explications. Par ce programme, elles vont pouvoir bénéficier de conseils de la part de partenaires experts du fonctionnement des marchés, ainsi que d’une mise en relation avec des sociétés familiales cotées afin qu’elles puissent partager leur expérience. Cet accompagnement est à «360 degrés» puisqu’il peut être destiné aux membres de la famille, à certains membres du management de la société, mais également aux futures générations. Pour cette première saison d’accompagnement, nous sommes en train de sélectionner une dizaine d’entreprises françaises, soit environ une candidature sur deux. La majorité d’entre elles sont des ETI, mais nous nous sommes intéressés à toutes les tailles d’entreprises. L’objectif est que ces entreprises aient les clés pour se financer sur les marchés. Par ailleurs, le programme n’est pas uniquement orienté sur l’introduction en Bourse, mais sur l’ensemble des opportunités de financement par les marchés, dont le recours au marché obligataire.
 

Comptez vous renforcer ces incitatives ou bien les étendre à d’autres projets à destination des entreprises familiales ?

Concernant notre programme d’accompagnement, une seconde étape de sélection sera lancée à l’automne. En parallèle, nous sommes en train de travailler à la meilleure façon d’organiser des rencontres entre sociétés familiales cotées et investisseurs, dans un format un peu renouvelé. Nous avons pour ambition de réaliser des premières manifestations d’ici de cette année.

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