Communauté financière

Thomas de Ricolfis, sous-directeur de la lutte contre la criminalité financière au ministère de l’Intérieur

« Toutes les entreprises peuvent être victimes de criminalité financière »

Option Finance - 23 avril 2021 - Alexandra Milleret

Entreprises

Alors que la crise sanitaire et économique accapare les dirigeants d’entreprises depuis plus d’un an, la création, en juillet 2019, de la sous-direction de la lutte contre la criminalité financière est presque passée inaperçue. Pourtant, elle est la nouvelle figure de proue de la police judiciaire pour lutter contre la grande délinquance financière et celle dite « en col blanc ». Son sous-directeur, Thomas de Ricolfis, revient pour Option Finance sur ses missions, sa collaboration avec les services de Bercy, mais aussi sur son rôle de prévention auprès des entreprises de plus en plus victimes de ce type de criminalité.

Le parcours de Thomas de Ricolfis

  • Contrôleur général et diplômé de l’Ecole nationale supérieure de la police (ENSP), Thomas de Ricolfis a démarré sa carrière en 1993 au sein de la direction de la police judiciaire à la Préfecture de police de Paris comme chef de section à la Brigade financière.
  • Promu dix ans plus tard chef de la Brigade des Affaires sanitaires et des Libertés publiques, il rejoint en 2004 l’Office européen de police de La Haye, aux Pays-Bas, en qualité de chef du bureau de liaison France à Europol.l Sept ans plus tard, il est nommé chef de l’Etat-major de la direction de la police judiciaire de la Préfecture de police de Paris.l Avant de devenir le sous-directeur de la lutte contre la criminalité financière, il était chef de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales depuis 2015.

Il y a bientôt deux ans, le ministère de l’Intérieur procédait à une réorganisation importante en créant une sous-direction de la lutte contre la criminalité financière. Quels étaient les objectifs poursuivis ?

La création de cette sous-direction, le 1er juillet 2019, s’inscrit dans la suite logique d’un mouvement global de lutte contre la criminalité financière engagé par l’Etat depuis les années 2000. En effet, au sortir de la crise financière de 2008, la première police fiscale, la brigade nationale de répression de la délinquance fiscale (BNRDF), voit le jour en 2010 au sein du ministère de l’Intérieur. Elle a pour objectif de traquer des fraudes complexes, commises soit par des particuliers, soit par des entreprises, les deux ayant souvent recours à des montages offshore avec l’interposition de sociétés étrangères dites « taxis » qui permettent d’établir de fausses factures justifiant les flux financiers.

Survient ensuite l’affaire Cahuzac de 2013. Le Parquet national financier (PNF) est créé fin 2013 ainsi que l’Office central de lutte contre la corruption et la criminalité financière (OCLCCIF), qui est considéré comme son « bras armé »Enfin, la loi Sapin II relative à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique est votée en décembre 2016. Elle met en place l’Agence française anticorruption mais surtout la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) qui permet une résolution accélérée des affaires de corruption par le biais d’une...

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