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La Compagnie des Alpes élargit sa palette

Option Finance - 24 avril 2017 - Astrid Gruyelle

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La Compagnie des Alpes vient de refinancer une obligation qui arrivait à échéance grâce à un mix financement bancaire – financement obligataire. Outre un Euro-PP, ce second volet comporte un USPP inaugural en droit français, une caractéristique originale.

Denis Hermesse, directeur financier, Compagnie des Alpes
Compagnie des Alpes

Pour refinancer une émission obligataire de 200 millions d’euros qui arrivait à terme en octobre prochain, la Compagnie des Alpes a décidé de combiner de la dette bancaire (voir encadré) et de la dette obligataire. Un choix de montage visant à répondre aux divers objectifs fixés par la société spécialisée dans l’industrie des loisirs (720,2 millions d’euros de chiffre d’affaires au 30 septembre 2016). «D’abord, nous voulions étaler les maturités afin de ne pas être à l’avenir de nouveau confrontés à une unique échéance de refinancement pour un montant qui représente près de deux tiers de notre dette de long terme, explique Denis Hermesse, directeur financier. Ensuite, nous voulions allonger la maturité moyenne de notre dette, qui était alors de trois ans, car nos investissements s’inscrivent sur le long terme.» En outre, la société entendait diversifier ses sources de financement et diminuer son coût d’endettement.

Un USPP avantageux à triple titre

S’agissant du volet obligataire, la Compagnie des Alpes a là aussi opté pour un mix. Après avoir réalisé en 2010 l’un des premiers Euro-PP à 10 ans, elle en a émis un nouveau, de 45 millions d’euros à huit ans. En parallèle, elle a souhaité effectuer un USPP inaugural. Il faut dire que la société se voyait proposer des modalités d’emprunt avantageuses, à commencer par la possibilité offerte de réaliser l’opération avec une documentation en droit français. «A ce jour, un seul investisseur américain propose de réaliser des USPP en droit français, relève Muriel Nahmias, senior director debt advisory chez Redbridge qui a conseillé la société sur l’opération. Cette particularité permet d’éviter de multiplier les déclarations et les engagements.» La société a ainsi pu établir une documentation complètement alignée avec sa documentation bancaire. «En tant qu’ETI française ne disposant pas de filiale aux Etats-Unis, nous ne voulions pas nous exposer à la législation américaine», ajoute Denis Hermesse.

Pour cet USPP de 50 millions à 12 ans, le groupe pouvait en outre émettre directement en euros. «L’investisseur américain a livré des euros, effectuant lui-même la conversion en dollars, souligne Muriel Nahmias. Ce procédé a permis de bénéficier du gain du basis swap dollar/euro, de plus de 200 points de base.» Enfin, la Compagnie des Alpes dispose d’une ligne de financement additionnelle qu’elle pourrait tirer à l’avenir. «En cas de besoin, nous pourrons dépasser le montant actuellement tiré (50 millions d’euros) en ouvrant une ligne supplémentaire d’environ 100 millions de dollars sur la base de la documentation existante, détaille Denis Hermesse. Celle-ci n’est toutefois pas confirmée et nous ne disposons pas de garantie par rapport au prix, puisque ces paramètres restent liés à la qualité de crédit de la société et aux conditions de marché.»

Grâce à cette opération, la Compagnie des Alpes a allongé la maturité moyenne de sa dette à sept ans. «Cette stratégie de tranching nous a en outre permis de maintenir une tension concurrente entre les investisseurs, souligne Denis Hermesse. Avec un taux moyen des financements levés inférieur à 1,5 %, soit moins que le coupon de l’obligation précédente, nous allons réduire de plus de 6 millions d’euros le coût de financement à partir de l’exercice 2017-2018.» Au total, la société obtiendra une réduction du coût de son endettement net de plus de 40 %.

Une minimisation du coût de portage grâce au volet bancaire

  • Outre le volet obligataire du refinancement, la Compagnie des Alpes a obtenu deux crédits à terme amortissables de 105 millions d’euros en tout. «L’objectif est de minimiser le coût de portage, c’est-à-dire la différence entre le coût de l’emprunt et son rendement, souligne Denis Hermesse. Il sera légèrement supérieur à 1 million d’euros en 2016-2017. Nous avons également intégré, en plus de nos partenaires historiques, une banque française qui n’avait pas pu participer au financement de 2014, ainsi qu’une chinoise, nous permettant d’aligner notre financement avec notre volonté de nous développer en Asie.»
  • En parallèle, la société a profité des discussions menées avec les banques pour revoir les termes de son contrat syndiqué qui arrivait à échéance en 2021. «Nous avons obtenu deux options d’extension d’un an et renégocié les marges de manière à les baisser de 20 points de base», explique Denis Hermesse.