Financement des entreprises et Trésorerie

Défaillances

La menace des entreprises zombies

Option Finance - 29 mai 2020 - Alexandra Milleret

Défaillances

Le faible niveau des taux d’intérêt ces dernières années et l’abondance de liquidités bancaires ont fait surgir la crainte de voir réapparaître les entreprises zombies, ces sociétés qui ne doivent leur survie qu’au soutien artificiel des banques. Dans le contexte de la crise économique actuelle engendrée par le Covid-19, le phénomène pourrait bien prendre de l’ampleur.

Et si la crise sanitaire débouchait sur une invasion de… zombies ? Rien à voir, en l’occurence, avec les morts-vivants des films d’horreur ! Dans le language de l’OCDE et la Banque des règlements internationaux, ce qualificatif désigne en réalité des sociétés de plus de dix ans et dont les bénéfices ne permettent pas de couvrir les charges d’intérêts pendant trois ans d’affilée. Avec l’effondrement de la croissance provoqué par le Covid-19, ce phénomène pourrait bien s’accélérer dans les mois à venir. 

Certes, jusqu’ici, la part de ces entreprises fragiles était relativement faible en France. Sur la période 2013-2016, elle oscillait entre 3,9 % et 4,6 % du total des entreprises, contre 5 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, comme le rappelle une note récente de France Stratégie intitulée «Les procédures de défaillance à l’épreuve des entreprises zombies». Mais ce résultat était obtenu parce que les procédures de défaillance françaises étaient efficaces et que les banques affichaient un coût du risque très bas. Or, malgré le soutien des Etats à leur économie pour faire face au virus, certaines entreprises, déjà mal en point avant la crise, risquent de faire faillite, même si les spécialistes se montrent aujourd’hui prudents. «A ce stade, nous commençons seulement à évaluer les conséquences économiques de la crise sur les entreprises, explique Luc Mouzon, head of European equity research chez Amundi. D’autant que nous ne savons pas encore dans quelle mesure les plans de sauvetage mis en place par les banques centrales et les gouvernements à travers l’Europe peuvent soutenir les entreprises, en particulier celles qui fonctionnaient déjà avec des bilans tendus.» 

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