Financement des entreprises et Trésorerie

Financement

Le prêt interentreprise ne séduit pas

Option Finance - 5 décembre 2016 - Arnaud Lefebvre

Prêts, Financement

Entré en vigueur en avril dernier, le prêt interentreprise ne suscite toujours pas d’engouement. Tandis que les emprunteurs potentiels redoutent l’instauration d’un lien de dépendance trop marqué au profit des créanciers, ces derniers jugent un tel «placement» trop risqué.

Faciliter le financement des entreprises, en particulier des TPE-PME éprouvant des difficultés à accéder au crédit bancaire, en ouvrant une brèche dans le monopole bancaire : telle était l’ambition de Bercy en autorisant, à compter d’avril 2016, le prêt entre entreprises. Près de huit mois après son entrée en vigueur, ce dispositif mis en place par la loi Macron peine toutefois à séduire. «Alors que nous avons déjà discuté de ce mécanisme avec un grand nombre d’entreprises, cotées comme non cotées, nous n’avons pas ressenti d’intérêt très marqué, tant du point de vue du prêteur que de l’emprunteur», témoigne Arnaud Dieumegard, associé Exco Paris Ace. Un constat partagé par plusieurs commissaires aux comptes, responsables en gestion du poste client et trésoriers d’ETI et de grands groupes. Pour ces spécialistes financiers, ce bilan, à ce stade négatif, a vocation à le rester. Certes, le bien-fondé du prêt interentreprise n’est pas remis en cause. Mais ses implications sont jugées trop contraignantes, quelle que soit la partie concernée.

Une difficulté à appréhender le risque de crédit

Côté bénéficiaires, c’est avant tout un obstacle d’ordre psychologique qui se dresse.

Denis Le Bossé, président, Cabinet Arc
Cabinet Arc

«A travers le levier des délais de paiement, de nombreuses entreprises considèrent qu’elles entretiennent déjà avec leurs clients un lien de dépendance économique important, rappelle Denis Le Bossé, président du Cabinet Arc. Selon un sondage que nous avons mené auprès de 500 dirigeants, 89 % d’entre eux redoutent que l’existence d’un prêt interentreprise exacerbe cette dépendance, ce qui in fine les dissuade d’utiliser ce mécanisme.» D’après ce sondage, seuls 12 % des répondants se disent ainsi prêts à solliciter un tel financement.

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