Financement des entreprises et Trésorerie

Parole d'expert - Julien Daire, CPR Asset Management

«Nous bâtissons un portefeuille en cohérence avec l’horizon de placement»

Option Finance - 22 avril 2014 - Communiqué

Julien Daire, responsable gestion crédit chez CPR Asset Management et gérant de CPR Oblig 12 mois, explique les atouts de son FCP d’obligations de court terme dans une conjoncture marquée par des forces divergentes entre les marchés de taux des Etats-Unis et de la zone euro.

A qui et pour quel usage ce fonds est-il destiné ?
Julien Daire, responsable gestion crédit chez CPR : CPR Oblig 12 mois est un FCP obligataire de court terme qui s’adresse à tous les investisseurs ayant de la trésorerie sur un horizon de placement d’un an minimum. Il permet de capter un surcroît de performance significatif par rapport aux fonds monétaires. Sur les trois premiers mois de l’année, il progresse de 0,38 % après avoir gagné 1,53 % en 2013. Actuellement, il bénéficie d’une courbe des spreads de crédit assez pentue sur certaines maturités, notamment celles de deux à cinq ans. Ce FCP permet de s’affranchir des limites réglementaires des fonds monétaires car ils ne peuvent ni acheter des titres de plus de deux ans de durée de vie, ni ceux d’émetteurs de notation inférieure à BBB, à l’exception pour les dettes souveraines notées BBB-. Ce fonds d’obligations de court terme dispose d’un territoire plus vaste que celui autorisé aux fonds monétaires. Les investisseurs en obligations euro de long terme qui anticipent une hausse des taux d’intérêt, ce qui compte tenu du faible taux de portage risque de créer des moins-values, trouvent dans CPR Oblig 12 mois un placement d’attente rémunérateur. A fin mars, son encours s’élève à 695 millions d’euros.

Quel serait pour le fonds l’impact d’une hausse des taux directeurs de la BCE sur les risques de taux et de crédit ?
Julien Daire : Contrairement aux fonds étroitement liés à un indice, notre fonds n’a pas en permanence de sensibilité de taux induite par la détention de ses obligations crédit. Nous ne subissons pas la sensibilité mais nous la gérons activement. Elle résulte d’une décision de gestion. Il nous est arrivé d’avoir une sensibilité négative au début de 2013, puis pendant l’été 2013 mais aujourd’hui nous sommes en sensibilité positive. Elle approche de + 0,5 mais résulte d’une sensibilité aux taux euro de + 0,87 et de - 0,4 pour les taux US. On voit bien que cette sensibilité aux taux d’intérêt est un moteur de performance pour le fonds, au même titre que le risque de crédit. La politique monétaire de la BCE est très accommodante. Elle pourrait opter pour un assouplissement sous diverses formes et privilégier la stabilité des taux d’intérêt. En revanche, aux Etats-Unis les marchés ont déjà connu une première correction l’année dernière. Passé l’épisode des perturbations d’un hiver rigoureux, la croissance économique justifie une nouvelle phase de normalisation.

De quelles forces de rappel le fonds dispose-t-il en cas de stress de marché ?
Julien Daire : Pour bénéficier des forces de rappel nous bâtissons un portefeuille en cohérence avec l’horizon de placement. Pour cela, toutes les positions doivent pouvoir être conservées en cas de stress de marché car nous ne voulons pas être obligés de céder à la casse des titres mais pouvoir les conserver pour jouer le retour de marché. Ainsi, pour le risque de crédit, nous disposons d’un curseur dont le maximum est en cohérence avec l’horizon de placement. La sensibilité crédit ne peut excéder 18 mois. En outre, nous gérons le niveau de risque en fonction d’un scoring de marché, vert, orange ou rouge, qui va encadrer la prise de risques sur le produit. Si le scoring issu de la réunion crédit hebdomadaire est vert, le gérant peut aller jusqu’à 18 mois de duration crédit, orange limite à 12 mois et rouge à 6 mois. Ensuite le gérant peut décider de réduire d’avantage exposition mais ne peut dépasser la borne maximum, ce qui contingente le risque en cas de dégradation rapide de la situation et donc d’éviter une forte chute de la valeur liquidative.

Dans quelle mesure la recherche de performance dégrade-t-elle la liquidité du portefeuille ?
Julien Daire : C’est le cœur du problème. Nous devons capter de la performance mais savons aussi que certains segments de marché ont par leur nature une faible liquidité. Par voie de conséquence, le rôle du gérant consiste à réaliser un mixte entre la recherche de performance et le souci permanent de pouvoir liquider une partie du portefeuille. Cela nous amène aujourd’hui à conserver une poche de 5 % à 10 % placée en OPCVM monétaire, afin de disposer de liquidités en cas de rachats sur le fonds. En outre, nous avons également près 20 % du fonds investis sur la dette souveraine de l’Italie et de l’Espagne mais sur des maturités inférieures à l’année. Ces positions sur la dette souveraine ont une excellente liquidité par rapport aux dettes d’entreprises ou financières.

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