Financement des entreprises et Trésorerie

Parole d'expert - Pascal Meysson, directeur général chez Alcentra, filiale de BNY Mellon,

Prêts directs : une alternative attractive pour les investisseurs institutionnels

Option Finance - 26 octobre 2015

Prêts, Investisseurs institutionnels

Pascal Meysson, directeur général chez Alcentra, filiale de BNY Mellon, analyse les dernières tendances et évolutions observées au sein du secteur des prêts directs (direct lendings) et détaille les opportunités dans le secteur.

Pascal Meysson, directeur général chez Alcentra, filiale de BNY Mellon

Quels sont les facteurs qui contribuent au développement du segment des prêts directs en Europe ?
Le déséquilibre croissant entre l’offre et la demande de prêts destinés aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) en Europe est à l’origine des opportunités dans le secteur. Selon nous, environ 30 à 35 milliards d’euros de capital ont d’ores et déjà été levés à des fins de financement direct en Europe depuis 2010. Or, nous pensons que la demande de prêts de la part des ETI dans la région est largement supérieure. Depuis la crise, l’assèchement de l’offre a été partiellement lié au durcissement du cadre réglementaire, qui a eu pour effet d’accroître le coût du capital pour les banques. Celles-ci ont ainsi réaffecté leurs ressources sur des actifs moins risqués. Les gérants de prêts directs ont pris la relève et ont comblé l’écart sur le marché. Parallèlement, la demande a augmenté du fait des importantes mannes de liquidité accumulées au sein du secteur du private equity, de la reprise des fusions et acquisitions et du nombre grandissant d’opérations de refinancement.

La dette privée est souvent citée comme une alternative attrayante au private equity. Pouvez-vous revenir sur les principales différences entre ces deux classes d’actifs ?
La principale différence provient de la liquidité. Les fonds de private equity ont généralement un horizon de dix ans, tandis que les fonds de prêts directs prévoient des périodes de blocage de six ans en moyenne. Ces derniers offrent également une source de revenus réguliers sur les intérêts et les frais perçus sur les prêts. Le private equity n’offre pas de tels revenus, et les éventuels dividendes versés proviennent essentiellement de la réalisation des actifs. En termes de rendement, les investisseurs en private equity ciblent généralement une performance moyenne annuelle d’environ 20 %, tandis que dans le segment des prêts directs, les investisseurs recherchent généralement des rendements de 5 % à 15 % par an (en fonction des stratégies d’investissement retenues et du recours au levier). En outre, les fonds de private equity affichent une volatilité nettement supérieure sur un cycle de marché complet.

Quelle procédure utilisez-vous dans l’origination (sourcing) et l’évaluation des opportunités et risques ?
Les fonds de private equity constituent notre principale source d’origination. Ils génèrent environ 80 % des volumes des prêts directs en Europe. Afin d’exploiter les opportunités, il est essentiel de pouvoir s’appuyer sur un solide réseau européen de sociétés de private equity et d’intermédiaires financiers partenaires de longue date. Il est également important de disposer d’experts locaux. En outre, le fait de bénéficier d’un large éventail d’entreprises détenues en portefeuille, susceptibles de créer des opportunités de refinancement ou d’opérations de LBO, constitue également un atout de taille. Afin d’évaluer les opportunités et les risques de chaque opération, nous déployons un processus d’investissement dédié. Lorsque nous analysons une opportunité, nous nous appuyons sur un processus qui inclut une phase de deux semaines d’évaluation initiale. Les équipes affectées à l’opération conduisent ensuite un processus de due diligence, susceptible de s’étendre sur plusieurs mois, avant d’émettre une recommandation finale à notre comité d’investissement interne et de présenter une proposition formelle de financement à l’entreprise cible.

Pouvez-vous nous citer des exemples récents d’opérations de financement réalisées par Alcentra ?

Nous avons récemment fourni un prêt unitranche à Siblu, une société française qui gère des villages vacances, en vue de soutenir l’opération de rachat par Stirling Square Capital. Cette année, nous avons également fourni un prêt unitranche au spécialiste de la commercialisation de données financières Altares dans le cadre de son opération de refinancement.

Quel type de véhicule d’investissement est offert aux investisseurs intéressés par une exposition à la dette privée ?
Alcentra a lancé des fonds dont l’objectif est le financement d’entreprises situées en Europe et qui fournissent des prêts sécurisés seniors, des prêts unitranches ainsi que de la dette junior à des ETI. Ces fonds sont domiciliés au Luxembourg et ont été créés pour une durée de six ans.


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