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Schuldschein : un come-back réussi pour Vilmorin & Cie

Option Finance - 2 mai 2017 - Guillaume Clément

Dette, Obligations, Schuldschein, Placement privé

Le 30 mars dernier, Vilmorin & Cie a levé 100 millions d’euros à l’occasion de son deuxième placement privé allemand. Sursouscrite 3,4 fois, cette opération a permis au spécialiste des semences de rembourser une partie de sa dette et d’étendre la maturité moyenne de son endettement global.

Retour gagnant pour Vilmorin & Cie. Quatre ans après avoir levé 130 millions d’euros de dette dans le cadre d’un placement privé allemand (Schuldschein) inaugural, la société spécialisée dans les semences potagères et de jardins, qui a réalisé 1,325 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2015-2016, a récolté le 30 mars dernier 100 millions d’euros par ce biais. Cette opération répond à plusieurs objectifs. «Nous souhaitions profiter du contexte de taux bas pour à la fois rembourser une partie de notre dette et disposer de nouvelles ressources à moyen et à long terme pour financer notre activité et nos investissements», explique Dominique Fraisse, directeur financement, trésorerie et opérations financières de Vilmorin & Cie.

Souhaitant poursuivre sa démarche de désintermédiation initiée en 2013, l’entreprise s’est d’emblée intéressée en début d’année aux offres de dettes non bancaires. Dans ce cadre, elle a d’abord envisagé de recourir au marché obligataire, sur lequel elle avait levé 450 millions d’euros entre 2014 et 2015, avant d’écarter rapidement cette option, au profit de celui du Schuldschein. «Le marché allemand présente en effet plusieurs avantages, confirme Dominique Fraisse. Non seulement il est animé par des banques et des investisseurs de long terme (assureurs européens, etc.), mais il est en outre moins sensible aux fluctuations de marché, et en particulier aux tensions sur les spreads constatées depuis quelques mois sur le marché obligataire, ce qui limitait le risque d’exécution de notre opération.»

Autre intérêt : l’entreprise a pu s’appuyer sur la documentation utilisée dans le cadre de son précédent placement privé allemand, ainsi que sur les relations déjà nouées avec les prêteurs de ce marché. De quoi ainsi réduire la charge de travail des collaborateurs financiers. «A la différence de notre levée de dette inaugurale, nous n’avons pas fait de roadshow pour boucler cette opération, poursuit le directeur financement, trésorerie et opérations financières. Nos banques arrangeuses ont contacté une cinquantaine d’investisseurs, organisé une conférence téléphonique et nous avons échangé avec quelques prêteurs potentiels individuellement.»

Une offre revue à la hausse

A l’issue de ce processus, qui a duré environ un mois et demi, Vilmorin & Cie a retenu environ 25 investisseurs. L’émetteur a obtenu 3,4 fois le montant qu’il souhaitait initialement lever, 75 millions d’euros, ce qui l’a conduit à relever son offre à 100 millions d’euros. «Nous avons ainsi pu rembourser 51 millions d’euros de dette à taux variable arrivant à maturité en 2018 (voir encadré) et allonger la maturité moyenne de notre dette», se félicite Dominique Fraisse. La société a ainsi obtenu 15 millions d’euros à cinq ans et quatre mois, 50 millions d’euros à sept ans et 35 millions d’euros à 10 ans. Ayant légèrement abaissé le coût moyen de la dette de Vilmorin & Cie, cette opération lui a aussi permis de faire passer à plus de 50 % la part désintermédiée de cette dernière… quasi inexistante quatre ans auparavant. Une démarche qu’elle compte poursuivre à moyen terme.

Les lignes à taux variable remboursées en priorité

  • Avec les fonds récoltés dans le cadre de ce placement privé allemand, Vilmorin & Cie a choisi de rembourser en priorité 51 millions d’euros d’une tranche à taux variable (d’un montant global de 65 millions d’euros) qui allait arriver à échéance en 2018. «Nous avons fait ce choix parce que les souches à taux variable présentent l’avantage de pouvoir être rachetées par anticipation sans devoir s’acquitter d’une pénalité financière, contrairement aux lignes à coupon fixe», explique Dominique Fraisse.
  • Un atout dont l’entreprise pourrait à nouveau profiter ces prochaines années : 45 % des 100 millions d’euros qu’elle vient de lever sont également à taux variable.