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Private Equity

2016 : les managers à l’honneur

Option Finance - 2 janvier 2017 - Ondine Delaunay et Coralie Bach

Private Equity

Option Droit & Affaires publie ses classements d’avocats spécialisés en private equity. L’occasion de faire le point sur l’évolution du marché depuis un an.

Au regard des liquidités disponibles et de l’appétit des fonds d’investissement pour investir, les cibles font l’objet d’âpres batailles. Et le ticket d’equity ne suffit plus pour l’emporter. Les managers ont désormais un poids important dans le choix final des concurrents, particulièrement dans les LBO secondaires ou tertiaires dans lesquels ils détiennent une part capitalistique non négligeable. Ainsi en est-il de l’équipe de Webhelp qui a signé fin 2015 son quatrième LBO avec KKR. Une dizaine de candidats étaient en lice pour accompagner la société, avec des offres d’un montant avoisinant toutes le milliard d’euros. «Face à autant de candidats, nous aurions pu aller chercher un incrément de prix en augmentant le quantum de dette et en acceptant des clauses juridiques plus favorables au fonds. Nous avons préféré faire porter la compétition sur la capacité de l’investisseur à entrer dans une logique partenariale, proche de celle de la joint-venture», explique Frédéric Jousset. Au final, si KKR possède environ 55 % du capital, les droits de gouvernance sont quant à eux partagés de façon relativement égalitaire avec, par exemple, un droit de veto des managers sur toute décision stratégique.

Redéfinir les relations avec les investisseurs

Nouvelles relations entre managers et fonds d’investissement, mais également nouvelles relations entre LPs et GPs. Les équipes ont en effet repris la route de la levée de fonds, et connaissent pour certaines de jolis succès. Astorg a ainsi collecté plus de 2 milliards d’euros, le double de son fonds précédent, tandis qu’Ardian bat des records avec un closing à plus de 4 milliards d’euros pour son fonds LBO. Les fonds mid cap ne sont pas en reste à l’image de Montefiore qui a levé 420 millions d’euros en quelques mois. L’attrait dont bénéficie le private equity s’accompagne d’une redéfinition des bonnes pratiques en matière de relations avec les LPs. «Les interactions avec les investisseurs sont plus fréquentes. Nous avons ainsi créé une équipe dédiée qui va à leur rencontre régulièrement où qu’ils soient dans le monde», témoigne Ivan Massonnat, associé de PAI Partners. Exigences de reporting financier et extra-financier, mais également possibilités de co-investissement sont pleinement entrées dans les thèmes de négociations avec les souscripteurs. 21 Centrale Partners, par exemple, réalise près de la moitié de ses opérations en co-investissement.

Plus récent, le thème de l’equity bridge financing est lui aussi intégré aux discussions de levées de fonds. Ce nouvel outil de financement permet au fonds de profiter de liquidités bancaires en attendant de pouvoir appeler l’argent de ses souscripteurs. Mais la garantie étant adossée à l’engagement des LPs, l’accord de ces derniers est indispensable. Astorg l’a obtenu aisément, et a pu pour la première fois mettre en place un equity bridge sur son dernier véhicule levé en 2016 ; tout comme PAI Partners, qui a été l’un des premiers fonds français à employer cette pratique.
Autant d’évolutions qui traduisent la maturité de l’industrie du private equity mais également, pour les fonds, la nécessité de faire preuve d’adaptabilité et d’innovation afin de rester dans la compétition.

Les avocats qui s’imposent sur le marché

Une remarque qui peut d’ailleurs s’appliquer également aux équipes d’avocats. Si le marché est historiquement dominé par deux acteurs principaux, Weil Gotshal & Manges et Latham & Watkins, on constate un retour en force de plusieurs autres structures comme Ashurst ou Clifford Chance et la montée en puissance de Bredin Prat. En mid cap, plusieurs firmes se démarquent comme DLA Piper, Goodwin, nouvel entrant sur la place, ou encore Paul Hastings dont le responsable de pratique, Olivier Deren, a été nommé par ses confrères Avocat de l’année en private equity.

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