Fiscalité, Comptabilité, Droit

Entreprises en difficulté

La mise en garde des tribunaux de commerce

Option Finance - 19 février 2021 - Arnaud Lefebvre

Tribunal de commerce, Entreprises en difficulté

Malgré une récession record depuis la Deuxième Guerre mondiale, la France n’avait jamais enregistré aussi peu de défaillances d’entreprises que l’an dernier. S’expliquant principalement par la mise sous perfusion de l’économie par l’Etat, cette situation inquiète particulièrement les présidents de tribunaux de commerce, d’autant que leurs actions de sensibilisation et de prévention à destination des sociétés fragilisées restent, pour l’essentiel, lettre morte.

En ce début d’après-midi du 14 décembre 2020, le parking du tribunal de commerce de Lille est quasiment désert. Une situation inhabituelle pour un lundi, jour au cours duquel les ouvertures de procédures collectives sont traditionnellement examinées par cette instance, l’une des principales de France. Pour apercevoir les rares véhicules stationnés, il faut contourner le bâtiment principal et se diriger vers la deuxième entrée de l’édifice, dédiée à la « Présidence » et à la « Prévention ». C’est dans cette aile qu’officie l’essentiel de son temps Eric Feldmann, président du tribunal. Assis derrière son bureau orné d’une large protection en plexiglas, le juge dresse un bilan pour le moins singulier de son année 2020. « Nous vivons en ce moment la plus grave crise économique jamais vécue depuis la Deuxième Guerre mondiale. Or, je n’avais jamais observé, depuis huit ans que je suis à la tête du tribunal de commerce de Lille, une baisse aussi drastique du nombre de dossiers à traiter ! Alors que nous instruisons généralement environ 25 procédures de redressement judiciaire et/ou de liquidation judiciaire chaque lundi, ce total est tombé durant certaines semaines de l’année dernière à 6, aboutissant ainsi à une chute de près de 40 % des procédures collectives ouvertes entre mars et décembre. »

Une audience nécessaire pour le versement des salaires

De Lille à Toulouse, en passant par Nantes, Paris, Lyon ou encore Strasbourg, le constat est similaire. Comme l’a révélé le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce dans la 3e...

La suite de cet article est réservée aux abonnés

Vous avez déjà un compte

Pour lire la suite de cet article, connectez-vous à votre compte

Mot de passe oublié

En cas de problème avec votre compte abonné, merci de contacter abonnement(at)optionfinance.fr

Pas encore abonné ?

Découvrez toutes nos offres d'abonnement et accédez à nos articles et dossiers en ligne.

S'abonner