Fiscalité, Comptabilité, Droit

Les Rencontres restructuration et financement

Prêts participatifs, PGE, obligations relance, etc. : la boîte à outils de Bercy pour soutenir les entreprises suffira-t-elle à endiguer la vague des défaillances ?

Option Finance - 22 juillet 2021 - Emmanuelle Serrano

La panoplie de dispositifs de soutien déployée par l’Etat a permis d’éviter le pire mais la sortie de crise s’annonce compliquée tant sur le plan des capacités d’investissement des entreprises que sur le plan des conditions de redémarrage avec une offre qui peine à suivre face à une demande qui explose.

Avec la participation de : Ana Boata, directrice de la recherche macro-économique, Euler Hermes, Cédric Garcin, secrétaire général, CIRI, Franck Kelif, directeur général, Perceva, André Le Tulzo, responsable restructuring, Factofrance, France Vassaux  (modératrice), directrice générale adjointe, France Invest.

«En 2020, les entreprises françaises ont perdu en moyenne 11 % de leur chiffre d’affaires mais une entreprise sur deux a été sauvée par les mesures de soutien gouvernementales. », observe en préambule Ana Boata, directrice de la recherche macroéconomique chez Euler Hermes. Les outils de liquidité directe mis en place par le gouvernement ont permis d’éviter des défaillances en couvrant en moyenne 80 % des pertes subies par les entreprises, dont une sur deux a été sauvée grâce aux mesures de soutien appliquées par l’Etat, « dont 29 milliards d’euros pour le financement de l’activité partielle », rappelle Cédric Garcin, secrétaire général du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI).

« L’affacturage, qui était l’outil de crédit court terme le plus utilisé par les entreprises en BtoB avant la crise, a été moins utilisé. Mais une fois le niveau de trésorerie des entreprises revenu à des niveaux normaux, l’affacturage devrait reprendre de façon dynamique », souligne André Le Tulzo, responsable restructuring de Factofrance. Pour Franck Kelif, directeur général du fonds de retournement Perceva, le private equity n’est pas forcément la première réponse à la crise, si ce n’est au travers du rôle d’actionnaire des fonds qui ont soutenu les entreprises soit en fonds propres soit en fournissant un accompagnement étroit de leurs sociétés en portefeuille, comme France Invest a pu le faire. Le capital-retournement est un métier compliqué car local, de long terme et nécessitant une grande proximité opérationnelle avec les entreprises.

Accompagnement de la sortie de crise

« Les difficultés et leur traitement vont varier selon les secteurs d’activité et les types d’entreprises concernées », résume Cédric Garcin. Les plus fragiles, et notamment les TPE, seront identifiées et orientées vers les bons dispositifs (médiateur du crédit, tribunal de commerce, commissaires au redressement productif, CIRI pour les grosses entreprises, redressement judiciaire simplifié, etc.). « Mais le dirigeant de PME maîtrise-t-il toutes les subtilités de ces outils ? », s’est interrogée la modératrice de cette table ronde, France Vassaux, directrice générale adjointe de France Invest. Ce n’est pas toujours le cas, malgré les efforts de communication entrepris de façon décentralisée par les pouvoirs publics. D’où l’importance du rôle de pédagogue de l’expert-comptable et du banquier. 

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