Fiscalité, Comptabilité, Droit

Parole d'expert - Gilles Goaoc, directeur du département «spécialités» pour Euler Hermes France, couvrant le risque de fraude en entreprise

«S’assurer contre la fraude reste le seul moyen de faire face à l’imprévisible»

Option Finance - 18 janvier 2016 - Communiqué

Gilles Goaoc, directeur du département «spécialités», Euler Hermes France
Euler Hermes France

La fraude est devenue une préoccupation majeure. Peut-on parler d’un véritable harcèlement des entreprises françaises ?

Oui, c’est le mot, quand on sait que 77 % des entreprises ont été victimes d’une tentative de fraude externe en 2015 et que 17 % ont connu plus de 10 tentatives de fraude en un an* ! La France semble particulièrement visée par des bandes organisées francophones. Les fonds détournés transitent par plusieurs pays : les chances de récupération sont donc quasi nulles ! Les fraudes par usurpation d’identité, du type «faux président» mais aussi «faux client» ou «faux fournisseur» ont explosé depuis trois ans. Ces criminels en col blanc s’attachent dans un premier temps à collecter de l’information, en s’appuyant sur les éléments «publics», l’interrogation de salariés ou en s’introduisant dans les systèmes informatiques de l’entreprise pour, dans un second temps, attaquer de manière successive. En somme, ils y investissent du temps, donc ils tentent jusqu’à la faille. Il n’y a pas de profil-type : nous voyons tous les secteurs et toutes les tailles d’entreprises concernées. Ainsi, les fraudeurs tenteront de contourner les process existants, ou de les déjouer en usant par exemple de manipulation.


Quelles bonnes pratiques peuvent être mises en place ?


Il est clair que certaines bonnes pratiques peuvent réduire le risque de fraude. Au-delà de la sécurité informatique, il est primordial de mettre en place des procédures internes de contrôle, notamment pour être attentif aux changements d’interlocuteur en vérifiant son identité, aux demandes de livraison à une nouvelle adresse ou de modification de coordonnées bancaires. Une sensibilisation régulière des équipes commerciales et financières est également importante. N’oublions pas la fraude interne, souvent taboue, mais qui constitue un risque réel, et contre laquelle la segmentation des tâches comptables est un bon moyen de prévention. Le directeur financier a un rôle pivot dans ce dispositif, non seulement pour structurer ces procédures et sécuriser la trésorerie, mais aussi pour alerter et former la direction générale, et veiller au bon déploiement en interne des mesures préventives. Une véritable démarche de prévention peut démarrer par la réalisation d’une cartographie des risques de l’entreprise : cela permet d’évaluer ses points de vulnérabilité, de se doter des bons outils d’alerte, de modifier certaines pratiques, voire de rassurer en interne car la fraude peut être très mal vécue par les collaborateurs. Les escrocs utilisent souvent des rouages psychologiques complexes, jouant à la fois sur la confiance, l’intimidation, le professionnalisme… Au final, la vigilance des individus reste le meilleur rempart.


Pourtant la vigilance n’est pas infaillible… L’assurance contre la fraude peut-elle alors compléter les dispositifs existants ?


On le voit, même les entreprises bien préparées peuvent être victimes de fraude. La prévention est nécessaire mais malheureusement insuffisante face à ce risque non maîtrisable. S’assurer contre la fraude reste le seul moyen de faire face à l’imprévisible, en couvrant et en indemnisant les sinistres subis par l’entreprise, qui peuvent impacter lourdement la trésorerie. Ce type d’assurance est encore peu connu en France contrairement aux marchés anglo-saxons : 81 % des entreprises n’en avaient jamais entendu parler **. C’est pourquoi nous avons lancé, début 2015, «EH Fraud Cover» : une offre packagée, très simple, parfaitement adaptée aux entreprises de la TPE aux ETI, couvrant à la fois le risque de fraude interne, la fraude externe (de type usurpation d’identité) et la cyber-fraude. Le coût du contrat dépend de la taille de l’entreprise et du plafond d’assurance souhaité. Une protection efficace peut démarrer autour de 4 000 euros, pour une entreprise d’environ 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Au regard des montants détournés, c’est un investissement vite rentable !

Pour plus d’informations sur «EH Fraud Cover», rendez-vous sur www.eulerhermes.fr ou contactez n° A&S.

* Etude Euler Hermes/DFCG réalisée auprès de 185 répondants, à 80 % des DAF.

** Etude BVA/Euler Hermes 2014 auprès de 600 répondants.