Gestion financière

Parole d’expert

Argon Consulting : «Le digital ouvre de formidables possibilités pour optimiser le BFR mais ne remet pas en cause les fondamentaux»

Option Finance - 8 octobre 2018 - Communiqué

Cyril Capello, directeur conseil aux directions financières chez Argon Consulting, nous présente les principaux apports du digital dans la gestion du besoin en fonds de roulement (BFR).

Cyril Capello, directeur conseil aux directions financières, Argon Consulting
Argon Consulting

Que changent les outils digitaux ?
Indépendamment du digital, l’optimisation du BFR repose sur deux principaux fondamentaux, qui demeurent à mon sens inchangés.
Premièrement, des processus fluides et une bonne communication sont nécessaires pour coordonner les actions de chaque service. Ce point est évident pour le processus de sales & operations planning, mais également pour s’assurer d’une facturation rapide et sans erreur, ou pour réaliser des relances dès le premier jour de retard de règlement voire de manière préventive.
La mobilisation de tous est primordiale et passe par la compréhension de l’enjeu pour l’entreprise. Elle passe surtout par la mise en place de rituels opérationnels et d’une gouvernance adaptée, reposant sur une définition claire des responsabilités de chacun et sur la détermination d’une cible.
Tirer le meilleur parti des outils digitaux suppose de comprendre comment les mobiliser pour fluidifier les processus et pour mobiliser les équipes.

Quelles avancées autorisent ces outils ?

Cela dépend évidemment des outils : certains permettent de professionnaliser et d’optimiser les pratiques quand d’autres changent plus radicalement les façons de travailler… et le niveau de gains à espérer.
Certaines solutions de marché sont largement éprouvées, notamment en ce qui concerne la collecte du cash. Elles ne sont pas nouvelles mais permettent un vrai saut de performance en priorisant et coordonnant les actions au sein d’une cellule de recouvrement ou avec les forces commerciales et en proposant des formats type pour les relances.
D’autres solutions sont plus récentes, mais pleines de promesses : la robotisation des processus (RPA) permet de réaliser en masse et dans des temps plus serrés des tâches répétitives associées aux relances des clients en retard. Pendant ce temps, les équipes peuvent être concentrées sur des tâches plus complexes, à plus forte valeur ajoutée. Une meilleure fiabilité de l’information est également assurée car les robots peuvent réaliser en masse le contrôle des délais de règlement inscrits dans les commandes fournisseurs ou les factures clients. Nous accompagnons actuellement plusieurs clients dans leurs projets de robotisation, et ces activités font souvent l’objet des premiers robots.
Enfin, les outils d’analytics permettent d’apporter une information claire et parlante grâce à la visualisation, mais surtout de diffuser celle-ci au plus près du terrain, grâce à la mise à disposition des tableaux de bord sur les tablettes et smartphones. La mobilité est en effet un facteur clé d’appropriation de la culture cash par l’ensemble des acteurs, en particulier les commerciaux, qui sont moins sédentaires et pour qui les délais de paiement ou les retards ne sont pas toujours le souci principal.

Au sujet des analytics, le big data permettra-t-il d’aller plus loin dans l’optimisation du BFR ?
Oui, évidemment. Les entreprises disposent d’analyses dont elles ne bénéficiaient pas auparavant. Le cloud computing a permis une démultiplication des capacités de stockage, comme de traitement de l’information (le big data).
Il est désormais possible de s’appuyer sur la richesse du transactionnel pour réaliser des analyses et expliquer dans le détail la variation du BFR consolidé sur la base de l’évolution des volumes, du mix, des termes de paiement négociés avec les clients et fournisseurs, du niveau des retards et de la rotation des stocks. Cela permet de responsabiliser et sensibiliser les acteurs, car on fait la distinction entre les évolutions subies (notamment volume et mix) et celles qui dépendent de l’action d’acteurs spécifiques.
Dans le cadre des analyses de stocks, le traitement en masse des données avec notre outil Argon Business Tools nous permet de modéliser mathématiquement un niveau de stock normatif, sur la base des données historiques de l’entreprise. Et d’identifier les responsabilités pour actionner les leviers adaptés.
Au-delà d’une capacité d’analyse renforcée, le big data et le machine learning renforcent la qualité de la prévision. Même si leur utilisation est encore aujourd’hui limitée, ces outils permettent de fiabiliser les prévisions de ventes et de production ainsi que de mieux anticiper le risque client.
Pour conclure, j’aimerais rappeler qu’il ne faut pas oublier les solutions simples : l’un de nos clients a ainsi récemment fortement réduit ses retards de paiement en envoyant aux retardataires un SMS avec le lien vers un portail de règlement.

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