Gestion financière

Electricité

Comment limiter la hausse des prix

Option Finance - 2 avril 2021 - Anaïs Trebaul

Coûts, négociations

Après avoir été particulièrement instable en 2020, le prix de l’électricité progresse depuis quelques mois. Une tendance qui, selon les professionnels, pourrait perdurer. Si ce contexte est peu favorable à une renégociation à la baisse des contrats, des solutions existent néanmoins pour limiter la hausse des prix.

Pour réduire leur facture d’électricité, les entreprises devront être tenaces. Actuellement, pour bénéficier des meilleurs tarifs, elles doivent pratiquement suivre le prix de marché de l’électricité comme les analystes suivent la bourse ! L’an dernier, le prix de l’électricité a en effet fortement fluctué, démarrant à 46 euros/MWh en janvier et diminuant jusqu’à 37 euros/MWh au plus fort de la crise au printemps. Depuis décembre, il augmente de nouveau considérablement, pour s’établir fin mars à 56 euros/MWh. Après avoir progressé en 2016 et 2017, le prix de l’électricité entamait pourtant une tendance à la baisse depuis août 2018.Si une partie de l’électricité consommée par les entreprises est indexée sur le prix fixe de l’Arenh à 42 euros/MWh et n’est donc pas soumise aux variations de prix, les récents mouvements ne sont pas neutres pour autant. Ainsi, cette instabilité a bénéficié à quelques sociétés. « Le premier confinement, et dans une moindre mesure le deuxième, ont fait chuter le prix de l’électricité, puisque la consommation a fortement diminué pendant ces périodes, résume Patrice Berruet, associé chez Euklead. Certaines entreprises ont à ce moment-là profité de la baisse des prix pour renégocier leurs tarifs. » Mais la plupart ne l’ont pas fait. Et celles qui se retrouvent aujourd’hui en fin de contrat doivent désormais faire face à des tarifs plus élevés qu’avant la crise sanitaire (voir graphique).

2 solutions pour trouver des tarifs fixes intéressants

  • Le dispositif de l’Arenh (Accès régulé à l’énergie nucléaire historique), mis en place en 2011, permet aux fournisseurs alternatifs d’électricité d’acheter de l’électricité nucléaire dans des « conditions économiques équivalentes “à celles d’EDF”. Le tarif de l’Arenh est fixé à 42 euros/MWh, un prix attractif dans un contexte de hausse du coût de l’électricité, précise Laurent Hornez. Les entreprises ne peuvent toutefois pas bénéficier de ce tarif sur l’intégralité de leur consommation, les fournisseurs étant eux-mêmes limités sur la quantité d’électricité dont ils peuvent bénéficier par ce biais. » Mais malgré ses avantages, ce dispositif pourrait bientôt arriver à son terme. « Il a été mis en place pour la période 2011-2025 et la Commission européenne estime que ce dispositif français, qui n’a pas d’équivalent en Europe, est une pratique anti concurrentielle, explique Patrice Berruet. Ce mécanisme est pourtant très intéressant pour faire tampon face aux évolutions de marché ! Nous sommes donc dans l’attente de l’avancée des discussions sur ce sujet. »
  • Dans ce contexte, pour continuer à obtenir un tarif fixe d’électricité à long terme et faire face à la hausse des prix, de plus en plus d’entreprises seraient tentées d’installer des panneaux solaires sur leur toiture. « Ce mécanisme est de plus en plus intéressant : l’électricité produite par l’installation photovoltaïque peut être directement consommée par l’entreprise et couvrir une partie de ses besoins. Le prix de cette électricité autoproduite est connu et fixe pour la durée de vie des panneaux, c’est-à-dire pour plus de 30 ans », remarque Patrice Berruet.

Un effet de rattrapage

L’inflation observée depuis cet hiver était tout de même attendue...

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