Gestion financière

Parole d'expert

«La digitalisation : levier de performance des entreprises»

Option Finance - 19 juin 2017 - Communiqué

June Partners, Transformation d'entreprise

Face aux avancées technologiques et à l’intensification de la digitalisation, les entreprises doivent faire évoluer leur stratégie, repenser leur modèle et revoir leur organisation. Des transformations positives qui permettent une amélioration des performances et une plus grande efficacité. Interview de Marc-Antoine Cabrelli et Frédéric Lumeau, associés, June Partners.

Marc-Antoine Cabrelli (à gauche) et Frédéric Lumeau (à droite), June Partners
June Partners

Dans un contexte économique ouvert, la «transformation des ETI» est devenue un impératif. En quoi consiste-t-elle ?
Il faut distinguer trois types de transformation pour une entreprise : la transformation financière, la transformation opérationnelle et la transformation de périmètre. La transformation financière répond à la question : comment faire mieux avec moins ? Avec un raisonnement qui repose sur trois facteurs : coûts, délais et qualité.
La transformation opérationnelle repose sur un changement stratégique de l’entreprise face à une situation de crise, que ce soit des tensions de trésorerie ou des tensions sociales. Cette transformation aura un impact sur toutes les fonctions clés.
Enfin, la transformation de périmètre intervient quand l’entreprise change de dimension, réalise des acquisitions, des cessions… et se trouve ainsi dans l’obligation de revoir son modèle, son organisation et aussi très souvent son financement.
Ces trois types de transformation peuvent intervenir indépendamment. Mais, il est fréquent qu’elles soient imbriquées, l’une entraînant la suivante et ainsi de suite. D’où la nécessité d’avoir une approche globale de l’organisation de l’entreprise.

Ce phénomène est-il nouveau ?
Non, mais il s’est fortement intensifié. Du fait des mutations technologiques, des réorganisations, de la crise financière, du ralentissement de la croissance, les entreprises traversent des périodes de plus en plus complexes et ont sans cesse besoin de se transformer pour améliorer chaque jour leur performance.
La digitalisation, notamment, est un vaste sujet pour toutes les directions. Ce phénomène existe depuis quelques années mais il commence réellement à se diffuser dans la stratégie des entreprises à tous les niveaux, opérationnel et financier.

Face à cette pression digitale, comment accompagnez-vous les entreprises dans leur transformation financière ?
La digitalisation ne doit pas être vue comme une contrainte. Elle offre de réels avantages. Elle permet par exemple d’améliorer la qualité de l’information fournie par la fonction finance et de réduire les délais dans lesquels elle est produite. Cela procure plus de confort et plus de réactivité pour piloter l’activité.
Depuis environ un an et demi, une lame de fond porte la dématérialisation transactionnelle. Des progrès considérables ont été réalisés en matière d’automatisation du traitement des données entrantes. Grâce au vidéocodage de factures, le personnel comptable n’a plus à opérer de saisie manuelle et peut se consacrer davantage à des tâches à valeur ajoutée, et notamment à l’analyse de données (data discovery et data visualization).
Les solutions techniques proposées sont aujourd’hui très fiables et accessibles. La digitalisation est à la portée de toutes les entreprises, pourvu qu’elles aient un volume d’affaires suffisant, permettant un retour sur investissement rapide.
De la même façon, la partie décisionnelle se robotise et permet de transformer les objectifs stratégiques en mesure opérationnelle, de gagner en finesse d’analyse et d’accélérer la mise en œuvre des décisions.

Le digital peut-il faciliter l’accès au financement, encore plus dans le contexte actuel de désintermédiation bancaire ?

La crise financière a chamboulé la relation entre les entreprises et leurs banques. Face à cette mutation, les sociétés ont dû trouver de nouveaux modes de financements (Euro PP, crowdfunding…). Les outils digitaux ont contribué à l’accélération de cette désintermédiation. Beaucoup de nouveaux outils ont été créés depuis deux ans. Ils permettent par exemple de fiabiliser la relation entre l’utilisateur à la recherche de financement et ses partenaires.
Nous avons nous-mêmes pris ce virage en entrant au capital de Monetarii. Cette plateforme propose aux entreprises un accès à des financeurs professionnels. Le digital permet de répondre rapidement et de manière personnalisée aux besoins de financement. Quand le dossier devient plus complexe, nous pouvons intervenir en soutien. Pour le moment, cette plateforme finance des montants limités pour des besoins spécifiques. Mais la digitalisation de la relation entre les entreprises et les financeurs va prendre de l’ampleur.