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Touax crée une Sicav pour accélérer ses investissements

Option Finance - 13 février 2017 - Guillaume Clément

SICAV

Spécialisé dans la vente et la location d’équipements logistiques, Touax finance depuis plus de 20 ans une partie de ses investissements grâce à son activité de gestion pour compte de tiers. Afin d’attirer de nouveaux investisseurs, le groupe a lancé sa première SICAV, une démarche inédite pour une PME française.

En octobre dernier, Touax a bouclé l’acquisition d’un portefeuille de wagons européens de 56 millions d’euros, destinés à être loués à ses clients, en recourant à un montage financier original pour une PME française. Le groupe spécialisé dans la vente, la location et la gestion d’équipements logistiques (348,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015, en pertes depuis 2013) a en effet investi 20 millions d’euros aux côtés de 35 autres partenaires, qui lui ont apporté 36 millions d’euros en investissant dans… une Sicav créée par Touax !

Certes, ce modèle de co‑investissement n’est pas totalement nouveau pour Touax : à l’instar d’autres groupes de son secteur, il exerce depuis 1995 une activité de gestion d’actifs pour le compte de tiers, qui concerne principalement des family offices et des institutionnels.

Gildas Laforge, directeur de projets, Touax
Touax


Mais il s’agit de la première fois qu’il boucle une acquisition par le biais d’une société d’investissement à capital variable ! «Nous avons créé l’an dernier un fonds ouvert, Touax Investment SCA, dans le but à la fois d’accroître encore notre capacité d’investissement dans des conteneurs maritimes, des wagons de fret ou encore des barges fluviales, et de simplifier la gestion de notre activité de gestion pour le compte de tiers», explique Gildas Laforge, directeur de projets chez Touax.


Une gestion simplifiée

Gérant actuellement environ 1,8 milliard d’euros d’actifs, dont 1 milliard d’euros pour le compte de tiers, Touax recevait en effet régulièrement des marques d’intérêt d’investisseurs souhaitant prendre des participations dans ce type d’actifs, mais qui finissaient par y renoncer ensuite en raison de contraintes trop élevées. «Compte tenu notamment de la charge de travail administratif liée à ce type d’opérations, nous leur demandions d’apporter un ticket minimum de 10 millions d’euros et de conserver leur participation durant au moins 10 ans», signale Gildas Laforge. Face à cette situation, le groupe a décidé de créer une structure offrant davantage de souplesse que l’acquisition en direct d’actifs tangibles, et a ainsi opté pour la forme d’une Sicav-SIF (specialised investment fund) luxembourgeoise. «Il est désormais possible pour des souscripteurs d’investir seulement 125 000 euros dans des actifs et de revendre leurs titres à d’autres investisseurs ou de demander, à l’issue d’une période de lock-up limitée à trois ans, le rachat de leurs parts», précise Gildas Laforge.

Autre intérêt, la gestion de la Sicav est déléguée à Quilvest Asset Management.
«Nous prenons en charge l’ensemble des tâches liées, par exemple, aux échanges avec les régulateurs, à la conformité des investissements, aux contrôles et à la valorisation des actifs, souligne Xaver Leroy, administrateur délégué de la société de gestion. Ce modus operandi permet à la fois à Touax et aux investisseurs de réduire la charge de travail administratif liée à ces placements.»

Alors que la Sicav de Touax affiche un objectif de rendement annuel compris entre 5 % et 8 % (devant être assuré par les revenus provenant de la location à d’autres entreprises des infrastructures concernées), la société prévoit de mener ces prochains mois au moins deux nouvelles levées de fonds pour ce véhicule et de le doter d’un compartiment en dollars.

Un business model fondé sur le co-investissement

Très capitalistique, le business model de Touax consiste à acquérir des conteneurs maritimes, des wagons de fret, des constructions modulaires et des barges fluviales avant de les louer à des clients (armateurs, etc.). Ces investissements initiaux représentant généralement plusieurs dizaines de millions d’euros, le groupe finance ses acquisitions en en revendant immédiatement une partie à des investisseurs externes (family offices, institutionnels, banques, etc.), tout en conservant leur gestion. Certes, le groupe se prive ainsi d’une partie des revenus liés à la location de ces biens à ses clients, mais il démultiplie en contrepartie sa capacité d’investissement. «Il nous serait impossible de réaliser jusqu’à 200 millions d’euros d’acquisitions de matériel par an si nous n’avions pas opté pour ce modèle de co-investissement», insiste Gildas Laforge.