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Le digital au service de la modernisation des secteurs bancaire et assurantiel ?

Option Finance - 16 juillet 2021 - Séverine Leboucher

Les secteurs bancaire et assurantiel traversent actuellement une mutation technologique sans précédent avec la digitalisation qui ne cesse de s’accélérer.

La Banque de France a trois missions articulées autour de la stratégie monétaire, de la stabilité financière et du service à l’économie. Sa transformation digitale, initiée il y a plus de cinq ans maintenant, concerne ces trois missions. « Au travers de notre transformation digitale, nous entendons nous focaliser sur des problématiques métiers, les faire autrement, et partager notre métier avec notre écosystème explique Andrés Lopez Vernaza, chargé de mission auprès du chief digital officer à la Banque de France. Sur la partie stratégie monétaire, nous avons mis en place un trading algorithmique. Nous faisons des analyses de données pour permettre par exemple la bonne transmission de la politique monétaire mais également tout ce qui touche à la stabilité financière. Dans le cadre de notre activité liée à la stabilité financière, nous développons la suptech : comment, en qualité de superviseur, nous analysons les données qui sont fournies par notre environnement. La première initiative d’envergure réside dans le lancement d’un programme d’intrapreneuriat. Sur le service à l’économie, nous avons commencé à travailler sur l’IA et les données exposées sur les réseaux sociaux et sur internet. Par exemple, nous utilisons l’IA pour la cotation des entreprises, afin de dégager des signaux faibles. » Il y a ainsi une volonté de transformation de l’institution en interne mais aussi vis-à-vis de l’extérieur.

Si la sécurité financière peut être améliorée avec des algorithmes et la blockchain, le sujet de la confiance est également très important, notamment dans le secteur des assurances.

La sécurité passe par la confiance digitale

« Les plates-formes digitales sont un atout extraordinaire pour commercialiser de l’assurance car elles permettent notamment d’instaurer des relations de confiance très fortes avec leurs utilisateurs, souligne Pascal Bied Charreton, CEO de Mooshot Insurance, une plateforme d’insurance-as-a-service offrant des assurances contextuelles B2B2C avec une expérience 100 % digitale. Pour instaurer ce lien, il faut que le prestataire reste sur son secteur. Dès lors, il est légitime et peut par ailleurs proposer son produit au bon moment, ce qui renforce d’autant plus cette notion de confiance. L’environnement digital que nous proposons permet également d’apporter la simplicité de service et l’instantanéité. » Le secteur des assurances doit également gérer et analyser une multitude de risques : prévention des défauts, recouvrements, etc. A cet effet, Euler Hermes intègre au sein de ses équipes des technologies innovantes. Une relation humain/machine qui maximise son savoir. « La transformation digitale chez Euler Hermes ne se limite pas uniquement à intégrer des spécialistes apportant des savoir-faire, des technologies et des compétences nouvelles, explique Gilles Porte, chief digital officer chez Euler Hermes. Nous considérons que la transformation digitale doit également s’articuler autour d’un changement d’état d’esprit et un changement dans la manière de travailler. Chez Euler Hermes, la transformation digitale se traduit par une nouvelle façon de s’adresser au marché via notamment le développement de la digitalisation des échanges et des plates-formes. Celle-ci suppose de réfléchir à de nouveaux outils pour proposer aux entreprises des services contextualisés. Notre transformation digitale s’articule également autour de l’association des technologies d’intelligence artificielle ou de machine learning avec les expertises métiers. Par cette complémentarité, nous entendons aider les experts métiers en mettant à leur disposition des outils nouveaux leur permettant d’être plus efficaces dans les décisions de crédits ou dans les actions de recouvrement qu’ils vont prendre. » Dans le cadre de sa transformation digitale, Euler Hermes s’appuie également sur des partenariats passés avec les Fintechs.

L’innovation au service de la finance

Dès sa genèse, l’innovation financière s’est d’ailleurs placée sur le terrain d’une coopération forte entre les acteurs traditionnels et les nouveaux arrivants sur ce marché. « Aujourd’hui, ce sont plus de 1 000 partenariats qui ont ainsi été créés entre les Fintechs d’une part, et les grands acteurs de la banque, de l’assurance ou encore de la gestion d’actifs d’autre part, explique Alain Clot président-fondateur de France Fintech. Historiquement, ces coopérations étaient centrées sur des éléments d’expérience et d’usage. De plus en plus, elles traitent des sujets régaliens, c’est-à-dire le risque, l’embarquement du client, le crédit, le paiement, le financement en coopération, etc. » La Fintech française est ainsi en très forte accélération. Il s’agit d’ailleurs du deuxième écosystème européen et c’est celui qui, en taux de croissance, évolue le plus vite.  

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